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Live Report
Epica - Paris
La Loco, le 09/10/2005
Par : Powersylv




L'été semble se prolonger dans cette première partie du mois d'octobre. Un soleil radieux pointe dans le ciel et on flirte avec les 23°C sur la capitale. C'est donc tranquillement et le cœur léger que nombre de metalleux ont fait le déplacement vers la Loco pour une soirée très éclectique, avec en-tête d'affiche les bataves d'EPICA qui viennent ainsi pour la deuxième fois cette année brûler les planches de la capitale. La dernière fois, leur show en première partie de KAMELOT avait fait mouche, et le groupe de l'ex-guitariste d'AFTER FOREVER Mark Jansen avait démontré une progression réjouissante quant à leur présence scénique (par rapport à de premiers concerts un peu balbutiants les années précédentes). La semaine dernière, EPICA avait enchanté par sa prestation au Prog Power, jouant il faut le dire en terrain conquis puisque chez eux. Ce soir, ils sont en France, pays particulièrement friand de groupes à chanteuses, et bien qu'elle fasse encore figure de nouvelle venue par rapport à des valeurs établies comme NIGHTWISH, WITHIN TEMPTATION ou AFTER FOREVER, la formation entend bien imposer sa marque notamment dans l'hexagone. Les fans sont d'ailleurs assez nombreux, ce qui justifie la création toute récente du fan-club français. C'est justifié également par une très forte affluence, la file d'attente à 18H30 est l'une des plus impressionnantes que j'ai vues à la Loco, débordant largement devant la façade du Moulin Rouge pour se prolonger dans la rue qui lui est perpendiculaire. Ceux qui n'avaient pas encore leurs places pouvaient trembler. Pas chic le Powersylv qui profite de retrouver des connaissances en début de queue pour se taper l'incruste et entrer dans les premières vagues :). Après une petite flânerie dans le couloir de la Loco, allez zou, au premier rang.



CONSCIENCE :
Le nom de CONSCIENCE me disait vaguement quelque chose. Un peu O.V.N.I. sur cette affiche, il s'agit d'un quintet de metal progressif qui avait joué en première partie de NIGHTWISH lors de leur dernière venue en France (il y a quasiment un an). Les 5 musiciens arrivent sur scène alors que tout le monde n'est pas encore entré, mais il y a du peuple quand même. Et il y a déjà des fans car j'ai cru remarquer quelques personnes du public qui chantaient certaines paroles. Le show est assez convivial, vivant, et le hanteur/guitariste soliste vit sa musique. Certains passages sont intenses et il est carrément à genoux en train de jouer. Pourtant, musicalement, les 2 premiers morceaux me semblent un peu poussifs, très progs dans l'âme mais sur les suivants, ça décolle enfin avec de bonnes parties metalliques, et un meilleur son des guitares (un peu noyées dans les claviers au début), le batteur précis forgeant l'armature des morceaux. L'ensemble est costaud mais mélodique, et même si des passages sont proches de DREAM THEATER voire SPOCK'S BEARD, c'est surtout vers PAIN OF SALVATION qu'il faut se tourner. Le chant est agréable et colle au genre, même si quelques rares growls vocals (très rares) font leur apparition, en même temps que des devil horns sont lancés par les musiciens (ça me fait un peu marrer les groupes qui prennent des airs de méchants alors que leur musique est somme toute assez gentille). Y a des idées mais bon, ça reste un peu trop prog pour moi malgré tout. Le groupe n'avait que 30 minutes pour s'exprimer et n'a donc pu jouer que 4 ou 5 morceaux. Mais les musiciens se sont donnés à fond (on voyait le chanteur suer à grosses gouttes), nous gratifiant même d'un titre de leur prochain album qui doit sortir sous peu et qui remue pas mal.



LEIDEN :
C'est au tour de LEIDEN, groupe toulousain de venir sur scène. On change tout à fait de décor puisqu'il s'agit là de dark metal atmosphérique, mais avec des passages plutôt bien rentre-dedans. C'est une chanteuse qui officie au micro, secondée par le bassiste, un chauve assez imposant avec un bouc qui s'occupe des growls vocals. Les 2 vocalistes se répondent parfois, perpétuant un schéma instauré par LACUNA COIL. Pourtant, musicalement, c'est plutôt du côté des premiers THEATRE OF TRAGEDY et autres SINS OF THY BELOVED qu'il faut se tourner. Le premier titre est étrange ; ça démarre sur une grosse rythmique avec guitares en avant, comme le "Roots Bloody Roots" de SEPULTURA pour évoluer vers un truc avec atmosphère et le tempo froid d'une boîte à rythme. Cette froideur mécanique est renforcée par des lights bleus stroboscopiques plutôt pas mal. La chanteuse menue chante avec de la conviction dans la voix, mais on a parfois du mal à l'entendre. J'ai décelé un petit manque de confiance en elle, je ne sais pas si le groupe a déjà beaucoup tourné. Eux aussi ont un nouvel album tout récent (Dualité), et ils ne vont pas se gêner pour balancer un bon titre bien gothique avec un vrai batteur pour deuxième morceau. Il y a des passages bien dark, parfois un peu dépressifs. Le dernier titre joué est très intense. Pas mal donc, mais LEIDEN doit encore progresser et s'affirmer pour réellement tenter sa chance dans un style aujourd'hui prisé mais saturé.



OLD DEAD TREE :
Voici un groupe dont on n'arrête pas de me vanter les mérites. Créé en 1997 et avec uniquement 2 albums à son actif (The Nameless Disease en 2003, et le récent The Perpetual Motion), THE OLD DEAD TREE a déjà bon nombre d'adeptes et représentent pour beaucoup une valeur montante du metal français. Je me suis aperçu pendant le concert alors que je ne connaissais pas la musique du groupe (je venais en découvreur ce soir) que j'avais déjà entendu 2 titres du groupe (sur des samplers sans doute). Je situerai ce groupe au niveau d'ANATHEMA, surtout des derniers albums style A Fine Day To Exit. C'est-à-dire au croisement d'un rock sombre et du metal. En effet, certains titres ont une approche plus rock, d'autres sont plus plombés. Le premier titre possède un couplet au riff mécanique. Ca commence à bouger dans la salle, et nombreux sont les fans du groupe à avoir fait le déplacement ; certains sont d'ailleurs assez hystériques et on assistera à quelques slams ponctuels. Personnellement à ce que j'avais crû comprendre, j'aurai pensé que la musique du groupe aurait été plus sombre que cela, plus gothique dans l'âme. Manuel, le chanteur possède une bonne présence scénique, il est assez charismatique. Il n'hésite pas à faire quelques petits saluts au public, agrémentés de quelques petites boutades : genre il s'excuse de sa grippe sur le méga-puissant "Out Of Breath" (titre d'ouverture de leur premier album), ironisant sur le fait que le nom du titre va bien avec son état de santé cet après-midi. Je n'ai pas forcément accroché à tout là comme ça en live (à écouter sur album) mais au moins, voila un groupe qui possède une musique très personnelle et vraie et qui dégage une certaine sincérité. Cool, j'ai chopé la set-list (les connaisseurs qui étaient absents apprécieront).

Set-list OLD DEAD TREE :
01) Even if (The Perpetual Motion, 2005)
02) It Can't Be! (The Nameless Disease, 2003)
03) Somewhere Else (The Nameless Disease, 2003)
04) Unrelenting (The Perpetual Motion, 2005)
05) Everyday Life (The Perpetual Motion, 2005)
06) 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8... (The Perpetual Motion, 2005)
07) It's The Same For Everyone (The Nameless Disease, 2003)
08) Out Of Breath (The Perpetual Motion, 2005)
09) How Could You? (The Nameless Disease, 2003)
10) My Friends (The Perpetual Motion, 2005)
11) We Cry As One (The Nameless Disease, 2003)
12) What Else Could We've Said ? (The Perpetual Motion, 2005)



EPICA :
Voici enfin les stars de la soirée qui entrent en scène, et c'est l'effervescence dans la fosse. Surtout la bande de djeuns derrière mois (filles et gars boutonneux) tous énervés et qui au bout d'un moment en avaient un peut marre de THE OLD DEAD TREE et n'attendaient qu'une chose : que Simone et sa bande viennent les émoustiller. En parlant d'émoustiller, Simone a mis le paquet avec un t-shirt noir à longue manches mais une bande verticale transparente, qui laisse deviner des choses assez sympathiques. Et bien, on dirait qu'on s'émancipe :). Et puis on va pas cracher dans la soupe non plus ! Ayant écouté un peu entre temps le premier album (The Phantom Agony, 2003), j'ai pu cette fois et contrairement à leur concert en ouverture de KAMELOT voilà 6 mois fredonner quelques petits airs. Le groupe dans l'ensemble est en pleine forme, et puis faut dire qu'avec un public aussi formidable et patati et patata ... Il faut voir les musiciens et Simone fouetter l'air de leurs cheveux sur les moments les plus virulents. Sans compter l’effet ventillo, ça fait toujours impressionnant. Alors effectivement, on ne peut éviter la comparaison avec AFTER FOREVER, mais même si musicalement les 2 groupes sont très proches, on sent qu'EPICA s'affirme de plus en plus et sera peut-être capable de rivaliser par la suite avec le groupe de la grande Floor. Après quelques morceaux au premier rang, je décide de reculer pour prendre part à l'ensemble du spectacle et y a pas à dire, c'est du solide, sans parler de la scène et des lights qui sont impeccables. EPICA a rassuré ses fans et conquis de nouveaux. Nul doute que ces petits gars ont encore un bel avenir devant eux. Et pour fêter ça, le digibook de Consign To Oblivion à la sortie, ça se refuse pas, surtout pour 15€ !