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Live Report
Arch Enemy - Paris
Bataclan, le 02/10/2005
Par : Powersylv




2 mois. 2 mois sans sa dose de concerts metal. Au début ça repose (surtout après un Wacken bien boueux), mais au bout d'un moment, on est en manque. Aussi, quelle bonne idée a eu ARCH ENEMY de faire un petit crochet parisien par le Bataclan avant de s'attaquer à la tournée japonaise. Ca va permettre de bien me défouler tiens. D'autant que le dernier album en date encore fumant dans ma platine CD est de très bonne facture, renouant avec l'agressivité d'un Wages Of Sin. Les fans font la queue devant le Bataclan. Vu de dehors, ils ont l'air en nombre et on verra au cours de la soirée que la salle sera effectivement bien remplie, ni trop, ni pas assez. Des vigiles fouillent assez minutieusement les sacs, m’obligeant (et c’est bien la première fois) à laisser mon baladeur mp3 au vestiaire. Du coup, je laisse mon sac. Je tape la causette avec les quelques connaissances présentes qui me vantent les mérites de TRIVIUM, et qui sont comme moi un peu déçus que DARK TRANQUILLITY se soit retiré. Tant pis, nous nous rattraperons en novembre pour leur retour en tête d’affiche à la Loco. A l'intérieur, près de l'entrée, les stands de t-shirts sont sympathiquement garnis, mais les prix sont bien dissuasifs. Comme à l’époque du concert de CRADLE OF FILTH il y a un an, les balcons ne sont pas accessibles, seule la fosse est ouverte. Il y a pas mal de jeunes.



TRIVIUM :
Des jeunes parlons-en tiens, car voilà TRIVIUM qui monte sur scène. Ce petit groupe américain a joué à la Ozzfest récemment (avec ARCH ENEMY d’ailleurs) et il est composé de 4 musiciens d’une petite vingtaine d’années. Il paraît que le combo afait un tabac en Angleterre. Il est emblématique de cette vague qu’on appelle timidement N.W.O.A.H.M. (New Wave Of American Heavy Metal – même si le parallèle avec la vague anglaise d’il y a 25 ans est assez inopportun). En gros, j’apparente ça à un mélange de death mélodique à la suédoise et de hardcore. Leur musique possède pas mal d’aspects attrayants avec des passages thrash bien bourrins quine sont pas sans rappeler la grande époque de SLAYER ou encore DESTRUCTION (un des musiciens – le bassiste je crois – a d’ailleurs un dossard à l’effigie des allemands). On y retrouve des côtés musicaux qui s’apparentent à un SOILWORK en plus hardcore, avec des passages justement où au chant death/core succède une voix plus pop. C’est dire si SOILWORK a laissé des traces de l’autre côté de l’Atlantique. Moi qui aime SOILWORK assez moyennement, je dois dire que ce style de passages qu’on peut parfois apparenter à du neo commence légèrement à me gonfler. Le chanteur fait succéder les growl vocals et les passages plus aériens. Leur attitude sur scène est très dynamique, rappelant parfois celle d’un CHILDREN OF BODOM (avec le chanteur guitariste qui crache parfois par terre, quelle élégance :)). TRIVIUM repart applaudit et nous donne rendez-vous au printemps 2006. pour ma part, c’était sympa mais pas transcendant au niveau musical, et leur concert a duré assez longtemps. Je les reverrai donc sans doute si l’affiche à laquelle ils participeront m’attire, sinon …



ARCH ENEMY :
ARCH ENEMY marche plutôt pas mal en France. Il faut voir qu’en l’espace de 2 ans, ils sont passé de la Loco à l’Elysée-Montmartre, puis là c’est un Bataclan bien rempli et euphorique qui les accueille. Le fan-club français s’est largement impliqué sur cette date, et une soirée était organisée la veille dans un bar parisien pour fêter leur venues, avec cadeaux, musique et tout ça …
Le backdrop est la pochette de Doomsday Machine, le dernier album sorti en août. Les musiciens se placent sur scène après une longue introduction et c’est parti pour le tonitruant « Nemesis » qui fait déjà figure de classique. Angela Gossow, petit bout de femme blonde assure toujours autant sur scène, se promenant le micro à la main. Son caractère enjoué et sa démarche agressive (genre « qui en veut ») font mouche. Et vocalement, son chant growl est efficace du début à la fin. A côté, Michael Amott se démène sur ses parties de guitares, venant parfois jouer à côté de ses compères, ses cheveux rouges devant la bouche. Il convient de saluer Daniel le nouveau guitariste (remplaçant du démissionnaire Christopher Amott) qui pour ses premiers pas avec le groupe assure plutôt pas mal sur la droite de la scène, avec des solis de grande qualité. Le groupe n’a finalement rien perdu avec ce nouveau mercenaire qui se frotte ainsi avec élégance à un registre plus extrême (j’ai été bluffé quand on m’a appris que celui-ci avait joué dans le TALISMAN de Jeff Scott Soto !). Toujours de la partie, le géant Sharlee D’Angelo gambade partout, distillant quelques faciès hargneux en secouant sa basse comme un forcené sur les parties les plus violentes (et il n’en manquera pas ce soir). Le batteur est impressionnant aussi, s’illustrant sur un solo plutôt pas mal et pas chiant, suivit ensuite dans cet exercice au cours de la soirée par les 2 guitaristes.



La set-list fait largement honneur au dernier album et à Wages Of Sin (2002), premier album enregistré avec Angela et 4ème album du groupe, que beaucoup considèrent comme le chef d’œuvre de cette deuxième période. Tant mieux car il faut dire que les torpilles ont fait leur office. Nous n’avons eu droit qu’à 2 titres d’Anthems Of Rebellion (2003) et, oh surprise, à des vieilleries de l’ère Jon Liva. Notamment le premier titre du premier album Black Earth (1996) « Bury Me An Angel », et « Diva Satanica » de Burning Bridges (1999). Le feu et la sueur sont là ce soir, les fans sont heureux et l’ambiance atteint son paroxysme avant les rappels sur le classique « Ravenous », où les slams se font plus intenses - n’ayant pas de séparation entre la scène et le public, nous avons eu droit aux performances de quelques adeptes du stage-diving, malgré les tentatives de rejet des gorilles sur les côtés de la scène qui à un moment ont failli piquer la vedette au groupe :). Un concert du feu de Dieu qui s’est terminé sur un rappel terrible (les violents « I Am Legend/Out For Blood » et « Dead Bury Their Dead », ainsi que le fédérateur « We Will Rise »). ARCH ENEMY a encore mis tout le monde sur le cul par leur assurance, leur spontanéité et leur professionnalisme. Bonne chance pour la tournée japonaise qui risque là encore d’être blindée.



Set-list ARCH ENEMY :
01) Nemesis (Doomsday Machine, 2005)
02) Heart Of Darkness (Wages Of Sin, 2002)
03) Dead Eyes See No Future (Anthems Of Rebellion, 2003)
04) My Apocalypse (Doomsday Machine, 2005)
05) Burning Angel (Wages Of Sin, 2002)
06) Taking Back My Soul (Doomsday Machine, 2005)
07) Diva Satanica (Burning Bridges, 1999)
08) Skeleton Dance (Doomsday Machine, 2005)
09) Bury Me An Angel (Black Earth, 1996)
10) Ravenous (Wages Of Sin, 2002)
Rappels :
11) I Am Legend/Out For Blood (Doomsday Machine, 2005)
12) Dead Bury Their Dead (Wages Of Sin, 2002)
13) We Will Rise (Anthems Of Rebellion, 2003)