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Interview
Fairyland, le 09/03/2003
Par : Garth




Rencontre avec Willdric Lievin (Batterie) et Philippe Giordana (Claviers), Paris, 9 Mars 2003

Peux tu nous rappeler rapidement l’histoire de Fairyland qui, malgré la très bonne démo "Realm Of Wonders", est connu uniquement dans le milieu underground.

Will : Le groupe a été formé en 1998 suite à notre rencontre avec Phil. Nous avions chacun un groupe respectif avec lequel nous tournions. Un jour j’ai eu l’idée de monter un groupe de metal symphonique. J’en ai parlé à Phil qui a tout de suite été ravi par mon projet. Il est donc arrivé avec quelques compos qu’il avait mis de côté et que nous avons retravaillé pour notre première démo.
Phil : Elle s’appelait "Tribute to Universe", Trois morceaux q’un metal assez classique. Elle a été une très bonne expérience qui nous a poussé à continuer et à en faire plus. Etant fans de BO de films ainsi que de groupes comme Rhapsody avec lequel on ne pourra éviter la comparaison, comme Blind Guardian ou encore de Folk Irlandais, on a décidé de gonfler la chose et de faire quelque chose de plus ample. Anthony nous a ensuite rejoint et tout derniérement notre chanteuse Elisa (Ex-Dark Moor).

Fantasia, Fantasy, Fairytale, Fairyland... Pourquoi avoir tant de fois changé de nom ? Est ce que cela n’a pas joué en votre défaveur à une période où vous cherchiez à vous faire connaître ?

Will : Nous n’avons pas eu le choix en fait. Notre premier nom était Fantasy et le jour où nous avons du nous séparer de notre premier guitariste, d’un commun accord, il a gardé le nom. Nous avons alors choisi Fanstasia, mais à nouveau s’est posé un problème : pour éviter tout problème de droits sur le nom avec Disney que nous aurions pu éventuellement avoir, nous avons décidé de changer. Nous avons optés pour Fairyland, nom qui collait super bien au style.
Phil : C’est pas trop dur : ça commence toujours par un "F" ! Ca devrait aller pour que les gens nous reconnaissent (rires). Fairyland est notre nom définitif... Quoique... (rires)

Le 14 avril prochain sort votre 1er album "Of Wars In Osyrhia". Il semble que le travail sur cet album ai été long puisque les sessions se sont déroulées de février à novembre 2002. Comment avez vous travaillé sur Of Wars et comment s’et déroulé l’enregistrement ?

Phil : en fait, dans Fairyland, je suis à l’origine de toutes les compos. Je travailles les morceaux de telle sorte à avoir déjà les lignes mélodiques, les lignes de chants, les refrains, éventuellement les débuts de paroles. J’emmène tout ça à Will et on se remet à deux dessus. Will apporte ses idées et on modifie les morceaux en conséquence. Will travaille surtout sur le côté rythmique puisque en tant que multi-instrumentaliste, il lui est plus facile de le faire que moi avec des claviers. Une fois que tout est au point, on enregistre et là, c’est une nouvelle fois Will qui fait le plus gros du boulot.
Will : L’enregistrement de Of Wars a effectivement pris un an, on ne s’est pas pressé car nous avons fait ça à la maison : j’ai un studio avec un ami dans lequel ont été enregistrés batterie, claviers et choeurs et tout le reste a été fait au home studio. On a donc vraiment pris notre temps et cela nous a permis de retravailler certains trucs au moment des enregistrements.

Gros avantage d’avoir un studio à la maison donc...

Phil : Oui ! Tu peux t’auto produire, tu n’as pas de pression, il n’y a personne qui te pousse derrière, on est tranquille, s’il y a des trucs qui ne nous plaisent pas, on peut les refaire...



Vos sources d’inspirations semblent claires car on ressent tout de suite une grosse influence de Rhapsody. N’avez vous pas peur que le public vous collent un peu trop facilement cette étiquette de Rhapsody à la française ?

Phil : C’est clair qu’à la première écoute le truc qui va ressortir c’est : "Putain ! mais c’est du Rhapsody !". Mais Of Wars est un album qui doit être écouté plusieurs fois pour vraiment capter tous les arrangements, toutes les ambiances. La voix d’Elisa tranche du tout au tout avec celle de Fabio : elle a une voix qui est magique et qui colle vraiment bien à l’ambiance. Elle monte pas trop dans les aiguës, elle peut être tantôt douce, tantôt agressive. Sa voix est vraiment nuancée, ce qui développe beaucoup le côté émotionnel de l’album. Je pense donc que si l’on écoute plusieurs fois l’album - ce que j’espère - on réussira à trouver la part propre à Fayriland qui a d’ailleurs un univers musical différent.

Elisa la chanteuse de l’ex - Dark Moor effectue le chant de Fairyland. Comment s’est opéré votre choix et comment l’avez vous rencontré ?

Will : J’ai obtenu l’e-mail d’Elisa par un fan sur un site. Connaissant Dark Moor depuis leur tout début et étant donné que je trouve sa voix dégage quelque chose de magique, fantastique, nous en avons discuté ensemble. Je lui ai envoyé notre démo et elle a accroché tout de suite.
Phil : Elisa fait partie intégrante du groupe maintenant. C’est la chanteuse officielle du groupe.



Y avait-il déjà un malaise dans Dark Moor qui aurait éventuellement pu la pousser dans son choix ?

Phil : Apparemment, le split est dû à des tensions personnelles entre les membres du groupe. Il n’y a aucun rapport avec Fairyland. Cela nous arrange aussi quelque part. Elle est en train de remonter un projet avec deux autres musiciens de Dark Moor, les trois aurtres font également un truc de leur côté donc ça ne va pas changer énormément de chose.

Revenons sur vos sources d’inspirations. Outre le métal médiéval, êtes vous inspiré par tous ces univers « Héroïques Fantaisies » tel le monde de Tolkien ?

Phil : Tout ce qui est musique, littérature, cinéma naturellement. On a la chance d’être sur la côte d’Azure, aux pieds des Alpes, donc dès que nous sommes en manque d’inspiration, il suffit que nous fassions une demi heure de route et on est à la montagne dans la neige...
Will : Ca nous permet de nous plonger tout de suite dans un contexte, une ambiance et c’est super. On a également fait pas mal de Jeux de Rôles grandeur nature. On se plonge vraiment dedans. Tout cela est source d’inspiration.

Vous avez vous même construit un monde dans lequel se déroule l’histoire racontée dans l’album ? Pouvez vous nous en dire un plus sur l’histoire ?

Phil : Effectivement il y a un concept complet qui sera développé sur le livret de l’album. On a essayé de le développer pour qu’il se situe sur un très large plage de temps sans être pour autant chargé comme peut l’être par exemple le Silmarilion de Tolkien qui est peut être un peu rébarbatif sur la fin. Le but étant que sur chaque album, l’histoire, les personnages, les mythes, les légendes qui y figurent, alimentent l’album suivant. Les histoires de chaque album seront séparées de 1000 ans. Donc on essaye de créer une mythologie de A à Z.
Sur le premier album, il y a une préface qui se passe 1000 ans avant les guerres d’Osyrhia. L’album lui parle donc des guerres D’Osyrhia. Le prochain album se consacrera à l’après guerre 100 ans plus tard, les personnages présents dans le premier volet devenant des légendes dans le second album.
Le premier album compte l’histoire d’un jeune homme appelé Doraian qui est un jeune homme tout à fait normal : ni chevalier, ni héros mais qui a de plus en plus de rêves étranges qui sont apparemment prémonitoires et qui annoncent une grande catastrophe : le retour d’un grand mal qui a été enterré depuis 1000 ans . Ces rêves vont l’amener à suivre un parcours qui va lui permettre de découvrir qui il est réellement, quelque chose qu’il n’aurai jamais pu imaginer !
Will : Le reste de l’histoire, vous le découvrirez dans le livret, surtout dans le coffret édition limité où vous retrouverez pour chaque morceaux l’histoire et une explication. Enfin, une fois l’album sorti, nous en dévoilerons un peu plus de l’histoire sur notre site internet.


Vous venez de signer chez NTS chose très rare pour un groupe français (Fairyland est seulement le 3em groupe signé par NTS après Headline et Manigance). Comment se sont déroulées vos démarchent ?

Will : Il y a trois ans, nous étions en pré-deal avec LMP. Le projet n’a pas abouti. Etant donné que NTS est le distributeur de LMP en France, j’étais déjà en contact avec eux. Ca a donc était facile de reprendre contact avec eux au moment de la finalisation de l’album. Nous leur avons envoyé les pré-mixes et ils ont accrochés.
Phil : A l’époque il n’y avait même pas le chant d’Elisa dessus. C’est donc la musique elle même qui les a accrochés. La réputation d’NTS n’est plus à faire. Nous savons ce qu’ils font, ce qu’ils valent, et eux de leur côté nous considèrent avec autant de respect que les groupes qu’ils suivent depuis de nombreuses années.

Puisque nous parlons un peu de Headline et Manigance : que pensez vous de la scène métal française et du public français ?

Will : Je suis super enthousiaste à propos de la scène française car actuellement, elle est en train de s’étoffer. Elle commence enfin à s’exporter ce qui est une bonne chose car jusqu’à présent, elle n’arrivait pas à s’internationaliser. On est un peu dans la situation de la scène italienne de l’avant Rhapsody : elle était très cloisonnée et une fois que Rhapsody est sorti, plein d’autres groupes sont passés dans la brèche et elle s’est très très bien exportée. Cela serait bien qu’il se passe la même chose avec la scène française, qu’il y ait un petit réveil international et que les gens à l’étranger commencent à s’y intéresser. Concernant le public, on verra bien s’il est réceptif. On espère dans notre cas qu’il fera un peu abstraction de Rhapsody et de cette comparaison. Tout ça se fera avec le temps... Il nous faudra être patients.

Of Wars était sensé sortir au Japon avant la France. Est ce toujours d’actualité ? Je suppose que c’est un grand avantage de ne pas rester enfermé dans les frontières de son pays ?

Phil : Il sort effectivement en avant première au Japon le 21 Mars chez Avalon/Marquee avec un bonus track. Il sort également en édition coffret en Corée. Il sortira ensuite en Russie, Amérique du Sud et tous les pays Européens. Un distribution assez étendue. Ce qui est une bonne chose pour nous.

Prévoyez vous de tourner au Japon ?

Phil : La seule date actuellement de prévue à l’étranger est celle du Sweeden Rock en juin. Elisa essaye en ce moment de nous trouver des dates sur plusieurs festivals en Espagne. On a ensuite la tournée française en Mai avec Sonata Arctica.
Will : Le fait d’avoir Elisa au sein du groupe nous permet d’avoir déjà un pied en Espagne. On espère y récupérer les fans de Dark Moor qui risquent d’être surpris par l’évolution du chant d’Elisa dans Fairyland.

En attendant vous aller ouvrir en France pour Sonata avec en point d’orgue, le sympathique festival d’Hirson et une date à Paris avec en guest Kamelot. Cela est une belle première tournée et peut être une belle carte de visite pour le groupe ?

Phil : On espère ne pas faire trop de pains (rires).
Will : On va essayer de faire quelque chose de très rentre dedans bien que nous utilisons des bandes.
Phil : On va essayer de redonner la patate que l’on a sur l’album et de donner encore plus d’ampleur à nos morceaux surtout que l’on aura un front man...
Will : Wooman plutôt (rires).
Phil : Elle est super charismatique.
Will : On aura également une deuxième guitare rythmique.

Vous ne comptez d’ailleurs pas en engager un pour vos albums ?

Phil : Nous n’en voyons pas vraiment l’intérêt. Will fait déjà pas mal de choses sur les albums et le résultat est plutôt bon. D’autant plus que sur la région niçoise, la recherche de musiciens n’est pas évidente. Si cela se confirme, le guitariste que l’on prend pour la scène est de Perpignan. Donc, on continue à s’expatrier. Ce qui n’est pas évident pour répéter. On est à la recherche également d’un bassiste, puisque sur l’album c’est Will qui tient les basses, mais que sur scène, il ne peut pas tout faire. (rires).

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Will : Nous espérons que l’album sera bien reçu.
Phil : On y a porté dessus beaucoup d’espoir, on a beaucoup sué pour réussir à le faire sortir. Donc tout ce qu’on espère, c’est d’avoir de bons retours.