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Interview
Adagio, le 15/09/2003
Par : PowerSylv




INTERVIEW ADAGIO - lundi 15 septembre 2003
par Powersylv

Jeune groupe de heavy-metal symphonique, ADAGIO s’était fait remarquer voici 2 ans avec son premier opus Sanctus Ignis. Emmené par son leader le guitariste Stéphan Forte, composé de pointures de la scène métal mélodique européenne lors de la conception de ce premier album - David Readman (chanteur de PINK CREAM 69), Richard Andersson (TIME REQUIEM), Dirk Bruinenberg (ELEGY), c’est avec une équipe quelque peu remaniée qu’il nous propose aujourd’hui avec Underworld un très bon deuxième opus. Celui-ci vient à point nommé pour rappeler qu’ADAGIO est toujours là, fidèle à ses principes, en proposant une musique encore plus flamboyante que son prédécesseur. Rencontre avec Stéphan Forte.

Powersylv (P) : Bonjour Stéphan. Pour commencer cette entrevue et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le groupe, peux-tu nous présenter ADAGIO ? Ses musiciens, quand et dans quelles circonstances le groupe a-t-il été créé...


Stéphan Forte (SF) : Salut. Alors en gros, ADAGIO est le groupe que j’ai formé voilà 3 ans. Les musiciens de départ étaient Franck Hermanny (basse), Dirk Bruinenberg (batterie), Richard Andersson (claviers) et David Readman (chant). Il faut savoir que Dirk a arrêté maintenant la musique, même si c’est lui qui joue sur Underworld. Il a eu simplement envie de changer de vie et la séparation s’est faite en bonne condition. Il avait promis à Patrick Rondat de faire le prochain disque mais après il arrête tout. Richard a quitté également le projet et nous avons un nouveau batteur permanent dans le groupe. Richard est maintenant très impliqué dans son projet TIME REQUIEM et aussi avec SPACE ODYSSEY.

P : Sanctus Ignis était votre premier album. Au final quel accueil avait-il reçu, aussi bien de la part des médias spécialisés que du public, et avec le recul en êtes vous pleinement satisfait ? Quelle leçon avez-vous tirés de cette première aventure ADAGIO ?

SF : Sanctus Ignis avait été très bien accueilli, surtout en France et au Japon. Franchement, je ne m’attendais pas à cela. Maintenant, satisfait... disons que Sanctus Ignis était beaucoup plus conventionnel, et beaucoup moins original. Je ne sais pas si tu as pu écouter le nouvel album (ndlr : si, si ! :) ), musicalement, Underworld est beaucoup plus élaboré.

P : Sur Sanctus Ignis tout comme sur Underworld, vous avez développée une imagerie très mystique, proche de l’iconographie classique et religieuse. Qui a eu l’idée à la base d’utiliser cette symbolique qui finalement colle bien à votre musique ?

SF : Oui, c’est vrai, j’aime ce côté religieux et ces images... pas parce que je suis spécialement chrétien mais j’aime surtout le côté... sombre de la religion. Pas sombre dans le sens « du mal », mais ce côté un peu mystique on va dire. Le fait d’avoir un peu le même type de pochette sur Sanctus Ignis et Underworld, c’est volontaire. Mais attention, ADAGIO n’est pas pour autant un groupe de white-metal, on est pas STRYPER (rires).

P : Qui écrit la musique, qui écrit les textes ? A ce sujet, quels sont les thèmes abordés dans les chansons d’ADAGIO et d’où et de qui vient cette inspiration ?

SF : C’est moi qui m’occupe des textes. Les thèmes sont surtout la mort, l’après-vie, l’absence de la vie, l’introspection, le recherche de ce que l’homme est vraiment au fond de lui. Ce sont des sujets qui me touchent, sur lesquels je réfléchis assez souvent et que je cotoie dans mes lectures, et plein d’autres choses. J’essaie d’obtenir des réponses.

P : ADAGIO était un groupe international, avec des musiciens venant de pays différents et qui avaient un groupe « principal ». N’était-il pas difficile de rassembler tout le monde ?

SF : Non pas trop. Il n’y avait que David que j’ai rencontré dans un concert. Sinon Dirk je le connaissais, Richard aussi...

P : Venons-en à Underworld ; j’ai écouté plusieurs fois l’album, il semble que par rapport au précédent les éléments classiques sont moins évidents (à part sur le début du 2è titre et sur le morceau titre Underworld...) pour favoriser un métal plus heavy et plus progressif, un peu à l’instar de SYMPHONY X : rythmiques plus élaborées et heavy, pas mal de claviers, un David Readman moins présent par rapport à l’instrumentation. Vois-tu le disque comme ceci et de manière générale qu’avez-vous voulu faire par rapport au disque précédent ?

SF : Concernant la prestation de David, je pense qu’il y a quand même un équilibre entre les parties chantées et les passages plus instrumentaux, mais ceux-ci resortent peut-être davantage car nous avons vraiment voulu proposer une musique beaucoup plus travaillée. Le premier album étant plus conventionnel, peut-être qu’en faisant la comparaison, on peut avoir ce sentiment en effet.
Maintenant, concernant le côté classique qui serait moins présent, je ne le pense pas mais on le remarque moins car il est beaucoup mieux intégré dans la trame musicale générale. On a une vraie chorale avec les mêmes personnes qui font tous les choeurs. Et puis l’approche du classique est différente ; sur Sanctus Ignis elle était plus baroque (Vivaldi etc ...), alors que sur Underworld c’est une musique classique plus moderne et contemporaine

P : Par ailleurs, les morceaux d’Underworld semblent plus complexes dans leur construction, les instruments sont exploités au maximum. A certains moments, la musique s’apparente même à un bande originale de film. Ce résultat si alambiqué est-il le résultat d’un travail du groupe dans son ensemble ?

SF : Pour tout dire, j’ai mis beaucoup plus de temps à écrire Underworld que Sanctus Ignis, d’où une musique plus réfléchie et travaillée, donc plus complexe. Pour le morceau Underworld, c’est marrant car plein d’interviews aujourd’hui on fait allusion à une bande originale de film. Concernant l’écriture, c’est moi qui ait écrit, notamment les parties d’orchestres. Je voulais mettre toute l’émotion nécessaire, et pas faire un album démonstratif. Bon, il y a bien sûr des plans plus techniques mais je voulais avant tout faire ressentir aux gens des émotions.

P : David a un chant beaucoup plus varié : il peut aussi bien passer d’une ballade (« Promises ») à des intonations extrêmes assez étonnantes (un morceau possède au bout d’une minute après le démarrage un passage limite black)

SF : (rires) Ce n’est pas David qui fait la voix sur ce passage, mais c’est HREIDMARR le chanteur du groupe de black-metal ANOREXIA NERVOSA qui est venu comme invité. Et d’ailleurs quand David a entendu ça il s’est écrié « Oh My God, what the fuck is that ? » (rire). Il a eu peur d’ailleurs qu’on pense que c’est lui qui a fait ça :)

P : Niveau production, le rendu est encore une fois impeccable. S’agit-il du même producteur, des mêmes conditions que pour l’enregistrement de Sanctus Ignis ?

SF : Non, Underworld a été produit conjointement par Dennis (Ward, producteur de Sanctus Ignis) et moi-même. Je m’étais tellement investi dans ce disque, je savais ce que je voulais obtenir à la fin et je n’avais pas envie que le son change ma musique. Dennis m’a bien aidé à arriver à ce que je voulais.

P : Vous êtes tête d’affiche du SOLIDHARDLIVE le 08/11. Il me semble que c’est la première fois qu’ADAGIO sera sur scène. Pas trop d’appréhension ?

SF : Oui, effectivement c’est la première fois que nous allons jouer live. Nous n’avons pas d’appréhension particulière car nous allons bien répéter avant pour le concert, on a 25 jours intégralement consacrés aux répétitions ! Il ne restera que la mise en place à effectuer. Et puis nous avons déjà connu la scène chacun d’entre nous. Personnellement j’avais un projet solo instrumental., et je faisais des sessions de guitares (clinics) pour les marques. Là ça va être un peu le rêve car j’aurai plein de choses et d’émotions à partager avec le groupe et avec le public. Un concert est avant tout un échange. Il faudra ce jour-là que ça soit la fête entre ADAGIO et le public, c’est ce à quoi nous allons nous employer, vous pouvez compter là dessus.

P : Enfin, pour terminer sur cette note live, ne craignez-vous pas de ne pouvoir reproduire sur scène certains des arrangements qui figurent sur les morceaux studio ?

SF : Non nous allons essayer de recréer tout cela et j’ai bon espoir. Les ambiances seront à mon sens d’ailleurs encore plus présentes... et plus fortes en live. On compte donc sur vous le 08/11/2003 !

P : Le rendez-vous est pris ! Merci beaucoup pour cette interview Stephan et bonne continuation !

SF : Ok, merci à toi également.

Site officiel Stephan Forte :
http://www.stephanforte.fr.st/
Contact : stephanforte@hotmail.com

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