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Interview
Despised Icon, le 05/09/2009
Par : Fightfirewithfire




DESPISED ICON est un combo canadien de deathcore assez particulier qui, par exemple, possède 2 chanteurs et une partie de son répertoire en français. Propulsé par Century Media depuis le second album The Healing Process (2005), le sextet perçu comme un des leaders du genre tente avec son dernier opus Day Of Mourning (sortie le 22 Septembre 2009) d’apporter un souffle nouveau à sa musique sans perdre sa brutalité death metal et ses racines hardcore. C’est Alex Erian, chanteur de son état qui a bien voulu répondre à nos questions.


Fightfirewithfire (F) : Avec une notoriété grandissante depuis déjà quelques années, on prête à DESPISED ICON la création d'un style unique de deathcore à deux vocaux. Avec le recul, comment juges-tu votre ascension depuis vos débuts et le fameux Consumed By Your Poison ? Quelques précisions sur la manière dont vous avez été amenés à signer un deal avec un label de l'envergure de Century Media ?

Alex Erian (A) : Honnêtement, à nos débuts en 2002, ce groupe n’était qu’une excuse pour se réunir entre amis, fumer du weed et jouer des riffs à la DYING FETUS. Ah ah. Nous n’avions fait qu’environ 10 shows au total au cours des 2 premières années du groupe et n’avions pas vraiment d’ambition. En 2004, nous avons décidé de prendre les choses plus sérieusement. Nous nous sommes mis à jouer partout sur la côte Est du Canada et avons composé et enregistré notre second album The Healing Process. À notre grande surprise, Century Media l’ont aimé, nous ont signé sur le champ et c’est alors que nous avons commencé à faire des tournées partout en Amérique de Nord. On entendait seulement parler de CRYPTOPSY et KATAKLYSM à l’époque. Les groupes d’ici à faire leur nom à l’extérieur du pays étaient rares. La scène deathcore n’existait même pas. Nous voilà déjà pratiquement 5 ans plus tard et les choses ont grandement changé. Nous avons parcouru une bonne partie de la planète et avons joué avec plusieurs de nos groupes préférés. Jamais je n’avais même rêvé à en arriver à ce stade et j’en serai éternellement reconnaissant. Je garde la tête froide et j’en profite pendant que ça passe.

(F) : Là où justement les nombreux jeunes groupes s'inspirent énormément de groupes death mélodiques scandinaves, vous semblez puiser vos racines dans le death traditionnel américain. Penses-tu que c'est ce qui vous démarque principalement de la scène européenne ? Comment vois-tu évoluer la scène metalcore et deathcore qui connaît depuis quelques années un gros succès mais semble à présent subir une légère baisse de régime, peut être due au nombre impressionnant de nouvelles formations émergentes dont la plupart finissent par tourner en rond et lasser ?

(A) : Nous avons grandi dans les années 90 en écoutant du SUFFOCATION, DYING FETUS, INTERNAL BLEEDING, DEVOURMENT, CEPHALIC CARNAGE, DEEDS OF FLESH, DISGORGE et bien plus. Nos racines sont death metal avant tout. Un peu plus tard, nous avons découvert d’autres groupes tels que MESHUGGAH et THE DILLIGER ESCAPE PLAN avec Destroy, Erase, Improve et Calculating Infinity et d’autres groupes plus hardcore tels que MADBALL et BANE avec Set It Off et Holding This Moment. La scène était saturée de groupe death metal qui avait souvent le même putain de son alors nous avons combiné toutes ces influences pour faire notre propre marque de commerce. La majorité des groupes deathcore sont plus jeunes et n’ont aucune idée des groupes que je viens de mentionner. Pour la plupart, ils ne font que se copier les uns les autres et je suis convaincu que les fans vont commencer à se lasser et se tourner vers quelque chose d’autre éventuellement. C’est pour cette raison que nous essayons de nous dissocier du mouvement deathcore. Nous étions là bien avant cette mode, à une époque où les growls et les blastbeats n’étaient pas cool comme ils le sont maintenant dans la scène metalcore. Je préfère nous voir comme étant simplement un groupe de death metal moderne. C’est pour cette même raison d’ailleurs que j’écoute surtout du vieux IN FLAMES, DARK TRANQUILLITY et AT THE GATES au lieu d’écouter les milliers de copies conformes de métal mélodique.

(F) : Votre nouvel album se veut plus mélodique (on a même le droit à de très bon soli !) même si les riffs mitraillettes sont de mise, dans quel état d'esprit avez-vous composé cette nouvelle œuvre ? y avait-t-il une ligne directrice et une ambition arrêtée ou vous êtes vous plutôt concentrés sur le feeling ?

(A) : Nous voulions rendre hommage à tous ces groupes death metal qui nous ont influencés. C’est définitivement notre album le plus extrême et le plus technique. Nous avons ajouté quelques nouveaux éléments à notre son : plus de solos et mélodies, plus de double bass drum et riffs à picking rapide, nouveaux types de vocals, etc … tout ça dans le but d’offrir quelque chose de nouveau à nous et nos fans. Notre intention était de composer notre meilleur album et nous avons réussi.

(F) : On sent une certaine volonté de revenir à quelques éléments plus death metal de vos débuts, ce qui finalement permet au groupe d'évoluer encore. Penses-tu que DESPISED ICON va poursuivre dans cette voie ou de nouvelles expérimentations vous attirent-elles encore (on note quelques aller retour qui pourraient presque évoquer le black metal sur ce nouvel album) ?

(A) : Nous essayons toujours de changer un peu à chaque album pour garder les choses intéressantes pour nous et ceux qui nous écoutent. Nous allons sûrement continuer à expérimenter un peu sur les albums à venir.

(F) : Une de vos qualités est indéniablement celle de faire l'effort de proposer des paroles en français et ce depuis le début de votre carrière. Penses-tu que cette particularité est une de vos forces car si les francophones semblent rechigner à écrire dans leur langue natale, il semble que les autres, les européens notamment, apprécient beaucoup cette caractéristique, surtout dans le metal extrême ? S'agit il pour vous d'un tour de force que d'écrire des paroles violentes et accrocheuses avec une langue aussi douce que le français ou est-ce au contraire un exercice plus naturel et simple qu'avec l'anglais ?

(A) : La moitié des paroles sur Consumed By Your Poison, notre premier album, est en français. Nous avons toujours été fiers de notre langue, notre culture et nos racines. Les 2 albums suivants par contre étaient 100% anglais par contre. On ne peut pas se le cacher, l’anglais est la langue universelle et nous voulions mettre toutes les chances de notre côté pour faire connaître notre groupe à l’étranger. Maintenant que notre nom s’est promené et que nous sommes mieux établis, nous pouvons enfin revenir à nos sources et nous permettre de faire quelque chose qui me tenait grandement à cœur : écrire en français, notre vraie langue. Il y a 2 pièces en français sur Day Of Mourning et il y en aura sans doute d’autres sur les albums qui suivront.

(F) : Un mot sur votre tournée européenne et notamment sur votre passage au Hellfest (outre votre grande passion pour la Monster Energy que je partage !) et l'accueil du public européen ?

(A) : On dort très peu sur la route alors je bois seulement des Monster en tourné. Ah ah. Notre première tournée européenne remonte déjà à il y a 2 ans et demie. Nous jouissions d’une popularité grandissante en Amérique de Nord et avions enfin notre première opportunité de jouer outre-mer. Une expérience qui fut d’ailleurs frustrante pour nous. Pratiquement personne ne nous connaissait en Europe. C’était comme recommencer à zéro mais nous n’avons pas abandonné, nos tournées européennes se sont multipliées et ça a porté ses fruits. Le monde commence enfin à nous connaître chez vous. Nous avons également fait plusieurs festivals européens au cours des 2 derniers étés et c’est toute une expérience ! Nous ne sommes pas habitués encore à jouer devant plus de 5 000 personnes mais nous aimons bien ça. Le Hellfest était fou. MANOWAR et SUICIDAL TENDENCIES jouaient le même jour ! Je crois que je préfère tourner en Europe maintenant. Nous allons headliner le Never Say Die à la sortie de notre nouvel album et allons probablement faire une tournée complète de la France l’année prochaine.

(F) : Quels sont vos projets pour l'avenir, l'idée d'un éventuel DVD live est-elle d'actualité ?

(A) : Nous avons sorti un DVD live intitulé Montreal Assault au début de l’année en fait. Un concert sold out à Montréal ! (ndlr : oups, j’ai complètement loupé cette sortie !)

(F) : Un mot sur la pochette, l'artiste qui en est en charge et les symboles que vous souhaitiez qu'elle véhicule ?

(A) : C’est un de mes amis qui a fait la pochette. Il fait d’ailleurs tous nos designs de merch depuis plus de 2 ans. C’est lui qui avait fait la pochette de The Ills Of Modern Man. C’est un artiste génial qui ne travaille qu’exclusivement avec nous et BENEATH THE MASSACRE. Nous voulions quelque chose de lugubre qui sortait de l’ordinaire. C’est pour ça que tout est fait sur un fond blanc. Elle contient beaucoup de pierres tombales et de morts vivants, bref des symboles qui évoque le deuil et qui se collent bien au titre de l’album Day Of Mourning. Certaines images sont vraiment troublantes. Je crois que notre graphiste en fait régulièrement des cauchemars. Ah ah.

(F) : Et pour finir sur une note légère mais existentielle qui fait débat même chez les metalleux ici. A ton avis, qui est le meilleur Joker : Heath Ledger ou Jack Nicholson ?

(A) : Jack Nicholson bien sûr !




Line-up DESPISED ICON :
Alexandre Erian (chant)
Steve Marois (chant)
Benoit Landreville (guitare)
Eric Jarrin (guitare)
Max Lavelle (basse)
Alex Pelletier (batterie)


Discographie studio DESPISED ICON :
Consumed By Your Poison, 2002 (LP)
The Healing Process, 2005 (LP)
The Ills Of Modern Man, 2007 (LP)
Day Of Mourning, 2009 (LP)

Site Web DESPISED ICON :
http://www.despisedicon.com

MySpace DESPISED ICON :
http://www.myspace.com/despisedicon