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Interview
Cain's Dinasty, le 12/09/2008
Par : Powersylv




S’il les temps ne sont pas forcément favorables au heavy metal traditionnel, certains jeunes groupes tentent de rallumer la flamme (un expression chère aux true metalleux, n’est ce pas HAMMERFALL ?). Le relève viendrait-elle de l’autre côté des Pyrénées ? Alors, entre le dernier PRIMORDIAL ou un KILLSWITH ENGAGE, laissez-vous tenter par une écoute du premier opus de CAIN’S DINASTY, Legacy Of Blood qui mèle heavy/speed metal de forgeron et tentations vampiriques. L’interview du guitariste Rob Garcia saura peut-être vous convaincre euh … d’aller écouter quelques extraits sur leur MySpace par exemple …


Powersylv (P) : Bonjour Rob, peux-tu nous raconter un peu l’histoire de CAIN’S DINASTY et qui sont les membres de ton groupe ?

Rob Garcia (R) : Nous sommes un groupe de heavy metal de la scène d’Alicante, une ville du Sud Est de l’Espagne. Les origines de CAIN’S DINASTY démarrent avec le projet solo de Ruben Picazo (chant) suite à son départ du groupe DELIRION. Il a décidé alors de faire de ce projet solo sa priorité. CAIN’S DINASTY a démarré aux alentours de mi-2006 : c’est à ce moment que Picazo m’a suggéré de former un groupe de heavy metal à partir de quelques extraits qu’il avait écrit en solo. Puis Paco Castillo (basse) nous a rejoint. Nous avions d’autres musiciens mais il y a eu pas mal de mouvements. Nous nous sommes retrouvés avec JJ Ruiz comme deuxième guitariste avec moi, et Jose Antonio aux claviers. Il ne restait plus que le batteur, 2 musiciens se sont succédés à ce poste mais ne sont pas restés. Notre premier album Legacy Of Blood a été enregistré pendant l’été 2007 et jusqu’au tout début 2008, c’est là que nous avons signé avec Melodica Records. Nous sommes actuellement en train de voir quelles sont les voies de promotion de l’album en cherchant des concerts etc …

(P) : Quelle est l’origine du nom CAIN’S DINASTY et qu’est ce que ça représente pour vous ? Et pourquoi cette faute d’orthographe (DYNASTY / DINASTY) qui je suppose est volontaire ?

(R) : Picazo voulait créer un groupe aux aspects vampiriques. Cain était le premier « Immortel » élevé par Dieu comme mentionné dans la Bible … sa famille, sa dynastie, ses enfants … c’était un sujet que Picazo et moi aimions et on a décidé de baptiser le groupe dans cette voie. Comme tu le soulignes, il y a effectivement une blague là dessus car Dynasty est une marque de petites culottes, haha … donc avec les autres membres du groupe on a décidé de mettre une touche « hispanique » dans le mot anglais pour éviter toute confusion.

(P) : Legacy Of Blood est votre premier album. Sans connaître le groupe et sa musique, on ne peut être qu’attiré et curieux devant cette joli pochette dans les bacs à disques. Elle est vraiment très réussie. Qui l’a dessinée et qu’est ce que ça représente ?

(R) : La pochette de l’album a été réalisée par un excellent dessinateur, Pablo Andrés Fernandez, un de nos amis argentin. Il a fait vraiment du bon boulot car c’est il a créé exactement ce qu’on voulait. La pochette elle-même est vraiment explicite, elle représente le vampirisme dans toute sa splendeur, avec tout ce que cela implique en terme d’atmosphère sexuelle et perverse : deux femelles vampires avec une fille ravissante en train de se métamorphoser elle même en vampire.

(P) : Avec cette pochette, le style de metal auquel vous appartenez, votre look sur les photos, je suppose que les histoires que vous racontez dans vos chansons traitent de science-fiction et de fantasy. Mais y avez-vous malgré tout inclus derrière tout cela une part de réalité ? Quelles sont de manière générale les œuvres (littérature, cinéma …) qui vous ont inspiré ?

(R) : Les principales idées tournent autour de l’amour et du mythe des vampires, tout cela parsemé de sentiments humains. « Legacy Of Blood » et « Taking A Look » nous parle d’un vampire immortel qui regarde le monde au travers des âges et est surpris de voir comment le monde est devenu courageux. « Tears Of Pain », « Come To Me » et « Two Seconds To Forget Your Name » nous parle d’amour, alors que « Under The City Lights » traite du sujet de la prostitution. Et comme tu le mentionnes il y a des allusions à des classiques du cinéma ou de la littérature dans un titre comme « Infancia Eterna » (le seul titre chanté en espagnol) où le sujet principal est Claudia, la petite fille de la nouvelle d’Anne Rice et qui apparaît dans le film Entretien avec un Vampire. Elle veut grandir et s’épanouir en femme, mais c’est impossible puisqu’elle est une vampire immortelle dans le corps de cette fillette.

(P) : Comment travaillez-vous dans le groupe ? Y a-t-il un compositeur principal ? Y a-t-il l’un d’entre vous qui est responsable des paroles, un autre de la musique … ?

(R) : C’est surtout Ruben et moi qui composons mais tout le monde a droit au chapitre et peut amener ses compos et sa musique au groupe, je veux dire que chacun n’est pas spécialisé dans telle ou telle fonction. Legacy Of Blood a été composé en majorité par Ruben étant donné que pas mal de titres proviennent de sa démo (Ruben Picazo’s Love Songs For Putrefact Lovers) mais chaque idée, mélodie ou riff fut le bienvenu. En fait, la chanson qui ouvre le CD, « Legacy Of Blood » a été écrite par moi.

(P) : Comment avez-vous rencontré Melodica Records ? En général, sans parler de l’Espagne et de la France, où êtes-vous distribués ?

(R) : Un beau jour, Harrag Bendamech de Melodica Records nous a trouvé par notre MySpace alors qu’il cherchait des groupes à signer pour son tout nouveau label. Il nous a contacté et nous a expliqué le contrat assez minutieusement. Pour être honnête, je ne voulais pas trop y croire au début mais … tu vois, nous pensons avoir de la chance parce que Melodica Records fait vraiment du bon boulot pour nous. Hormis l’Espagne et la France, Melodica s’est arrangé avec la société Spiritual Beast et nous pourrons voir notre album en vente sur plusieurs territoires en asie et en orient.

(P) : Les influences musicales du groupe sont clairement ancrées dans le terreau du heavy metal traditionnel, mélodique, énergique. Quels sont vos groupes fétiches ?

(R) : Chacun d’entre nous est bien sûr un inconditionnel d’IRON MAIDEN, JUDAS PRIEST, des vieux METALLICA, etc … et de metal en général. J’aime personnellement CHILDREN OF BODOM, EVERGREY et SYMPHONY X. Paco aime MEGADETH et JJ tout le hard rock des années 80. Ruben écoute du black metal et moi … tellement de trucs … du death metal à la IN FLAMES ou SOILWORK … jusqu’au power metal de STRATOVARIUS ou WINTERSUN.

(P) : Etes-vous déjà partis en tournée ? Avez-vous donné des concerts en dehors de l’Espagne ? Avez-vous des anecdotes au sujet de quelques concerts ? Enfin avez vous tourné avec des groupes connus ?

(R) : Du tout ! Nous n’avons jamais tourné en dehors de notre périmètre. Le concert le plus éloigné qu’on ait donné c’était en avril dernier à Madrid. On a toujours des souvenirs, bons ou mauvais. Je me souviens d’un concert chez nous à Alicante où Ruben a chanté la moitié de « Legacy Of Blood » avec le micro éteint. Donc on a fait un genre d’instrumental jusqu’à ce que l’ingé son réalise qu’il avait pas tourné le bouton. Le show de Madrid était excellent … tout s’est bien passé et c’était une super expérience. Notre show le plus important à ce jour était le RockStars Festival 2007 à Cehegin où nous avons partagé l’affiche avec des groupes comme GAMMA RAY, METALIUM et les finlandais de TAROT.

(P) : Le heavy metal traditionnel a connu une forte popularité il y a 10 ans avec des groupes comme HAMMERFALL, RHAPSODY ou STRATOVARIUS. Ce style a toujours des fans mais semble néanmoins aujourd’hui en perte de vitesse par rapport aux succès du metal extreme et du metalcore. Vous arrive-t-il de penser que vous êtes peut-être arrivés 10 ans trop tard ?

(R) : Ouaip, je pense aussi ça parfois. J’ai toujours voulu remonter le temps jusque dans les années 70, prendre une guitare et me mettre à jouer un truc à la PANTERA (rires). Blague à part, c’est vrai que le popularité du true heavy/power metal n’est plus aussi bonne ces dernières années, mais nous essayons de rentre notre metal plus sombre et plus puissant afin de nous démarquer. Cette démarche sera plus visible sur notre prochain album qui je pense sera plus mélodique et encore plus rentre-dedans que Legacy Of Blood.

(P) : Dix ans plus tôt, c’était aussi la reconnaissance de pas mal de groupes metal espagnol comme TIERRA SANTA, MAGO DE OZ, LUJURIA … et plein d’autres qui ont eu du succès en Europe. Quelle est aujourd’hui la situation du metal espagnol ? Penses-tu que CAIN’S DYNASTY a un rôle à jouer ?

(R) : A la croisée des ces deux siècles, beaucoup de groupes espagnols ont sorti leurs meilleurs albums : AVALANCH (El Angel Caido), DARK MOOR (Gates Of Oblivion), MAGO DE OZ (Finisterra), SARATOGA (Agotarás), TIERRA SANTA (Tierras de Leyenda) … chacun d’entre eux est sorti autour de 2000. Je trouve que cette scène a perdu un peu de son tranchant en jouant de façon plus « rock » mais d’autres ont pris la relève comme DARKSUN, ANGELUS APATRIDA, AVULSED, DUNEDAIN, RUNIC, DREAMAKER, SPHINX … il y a de la qualité et pas mal de groupe dans le pays. Mais le problème est toujours le même : si les gens ne vont pas aux concerts ou n’achètent pas les album, tout cela sera étouffé dans l’œuf.

(P) : Pour finir cette interview, peux-tu me dire quels sont les disques que tu écoutes en ce moment ?

1. ARCH ENEMY - Rise Of The Tyrant
2. SYMPHONY X - Paradise Lost
3. ENSIFERUM - Ensiferum
4. DIMMU BORGIR - Puritanical ...
5. GOTHMOG - A Step In The Dark