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Festival
Wacken Open Air 2004
Par : PowerSylv


WACKEN OPEN AIR 2004

Par Powersylv :
Wacken - 05, 06 et 07 Août 2004.

Wacken Rules !!!


15 ans. Voilà déjà la quinzième édition du Wacken Open Air. Qui aurait crû à l'époque, en 1989, que de ce petit trou paumé chez nos cousins Germains sortirait le plus grand festival metal européen ? Si dans les années 80 la référence restait les Monsters Of Rock de Donington en Angleterre, Wacken en est bien son digne successeur. Avec cette anniversaire, c'est une édition qui allait s'avérer à la fois pleine de panache (y a qu'à voir l'affiche !) et aussi de surprises. Et pour rien au monde la délégation metallique française n'aurait loupé cette occasion. Parce que le Wacken c'est grandiose par la musique, les groupes, mais aussi cette ambiance et cet isolement qui fait qu'on se croirait dans un autre monde. Pour la 5ème année, Nightfall/Darkside et votre serviteur vous présentent le compte-rendu habituel qui je l'espère vous plaira et vous donnera envie pourquoi pas d'y aller l'année prochaine.

It's A Long Way To The Top ! (mardi 03 Août P.M. / mercredi 04 Août A.M.)

L'été s'annonçait bon, l'été s'annonçait beau sur le nord de l'Allemagne. Cette année, nous décidons de jouer les prolongations. Le départ est donc prévu de longue date et fixé au mardi 03/08 au soir à partir de Vincennes. A trois voitures, rouler de nuit nous semble approprié pour contrer les grosses chaleurs, surtout quand on a un chauffeur habitué aux trajets nocturnes. A 20H tapantes, c'est donc à la queue leu leu que les voitures arpentent l'autoroute vers le nord puis la frontière belge. Moultes boissons et friandises sont prévues pour la route, ainsi que le "méga-powersylv-mp3" (un gros jukebox mp3 avec un répertoire Wacken de plus de 500 titres) rempli jusqu'à la gueule pour agrémenter le trajet. Les autoroutes belges sont toujours aussi pourries, mais c'est lorsqu'on arrive à la frontière allemande qu'on se dit qu'on est pas tiré d'affaire. Car la route est encore longue, et on n'a pas encore fait la moitié. Il y a quand même 930 km environ jusqu'à Wacken, et on n'a pas pu tourner sur Béthune pour emprunter la voiture à Jacques Mellick :). Là avec ce véhicule légendaire, Paris-Wacken c'est fait en 3H :). La bonne humeur des metal fans, les chansons du fameux jukebox et les vannes en tous genres font quand même passer la route, et en remontant vers Hambourg, on commence à croiser une faune metallique de plus en plus concentrée au niveau des aires de repos. Avec bières à la main bien entendu :). Enfin, les panneaux Itzehoe (la ville la plus proche de Wacken) puis Wacken apparaissent : le suspens, l'envie d'aller retrouver la nature et de planter sa tente se fait très forte. Une déviation pour travaux nous fera perdre une demi-heure, avant que les maisonnettes de Wacken n'apparaissent.

We Have Arriiiiiiiiiiiived ! (mercredi 04 Août P.M.)

Nous sommes mercredi midi lorsqu'on arrive au camping. Il y a encore pas mal de places, il faut dire que le camping est ouvert depuis le lundi pour ceux qui veulent se faire une petite entrée "nature" à l'avance. Et c'est pas plus mal car sur la route, on n'a pas beaucoup dormi. On plante les tentes, on essaie de placer les voitures pour garder de la place, car d'autres doivent nous rejoindre. Le temps de prendre ses aises et nous voilà partis pour une première visite de reconnaissance (du moins pour ceux qui ne connaissent pas encore le site). Le midi et le soir, on a la chance d'avoir avec nous de quoi faire un bon barbecue, ce qui est fort appréciable, car après ça sera barquettes de nouilles chinoises, kebabs, frites, pizzas ... bref, de la nourriture "pas fine" pour le reste du séjour. Repos l'après-midi, mais aussi courses dans le centre ville, on ne peut pas encore aller chercher nos accréditations. L'après-midi s'achève alors que quelques boutiques ouvrent dans l'enceinte du festival (boutiques de fringues metal). Ils ont eu l'idée de regrouper presque tout le Metalmarket à un endroit fixe, ce qui n'est pas plus mal. Vers 22/23H, petit tour jusqu'à la Wet Stage (aménagée en tente disco pour la soirée). Il y a énormément de monde déjà pour se trémousser jusqu'à 6H du matin sur les hits du metal, sans oublier les prestations souvent hilarantes de certains téméraires qui se lancent dans des versions karaoké-bourrés de "Master Of Puppets" (featuring alcoholic-death voice), "Paradise City" (featuring pseudo-axl rose qui chante faux et qui oublie un couplet) ou autres "The Trooper" ... Mémorable. Cependant vu notre état de fatigue et un certain manque d'amusement étonnant de la foule teutonne, mieux vaut aller sous la tente pour se préparer à la journée de demain.



Let The Madness Begin ! (jeudi 05 Août)

Je vous épargne les détails de la première partie de journée (courses, retrait des backstages, ultime barbecue ... après faudra se débrouiller tout seul, comme dans koh-lanta :), un peu de reops au soleil ou sous les tentes ... ), nous arrivons à 18H pour le traditionnel lancement du Festival avec 3 concerts sur la True Metal Stage. Car comme les autres années, la True Metal Stage et la Black Stage sont côté à côté, les prestations se déroulant en décalées pour ne pas se géner. Or ce soir il n'y a que 3 groupes pour ouvrir le festival : ZODIAC MINDWARP, MOTORHEAD et BOHSE ONKELZ.

ZODIAC MINDWARP : pour les plus jeunes d'entre vous, ce nom ne dira rien. Pour ceux qui ont un peu plus de bouteille comme moi, ça évoque un lointain souvenir, la fin des années 80. Le groupe a eu une certaine renommée à ce moment-là, mais je pense que c'était surtout aux Etats-Unis. Bon, ils sont plus tout jeunes, le chanteur leader a un chapeau de cow-boy, est habillé de cuir. Il est accompagné par un guitariste concentré qui execute des riffs très rock'n roll, assez AC/DDC dans l'âme. Un mélange AC/DC - MOTORHEAD moins tranchant poli par un son US. Ca se laisse écouter, ce n'est pas incontournable mais faut avouer que certains titres bougent bien. Pourtant, on a déjà vu davantage de patate sur scène. Le chaud soleil n'arrangera pas les choses et on assiste à un show sympathique quand même, mais on se demande si la sympathie n'est pas plutôt engendrée par le fait que le festival commence réellement. A plusieurs reprises, le guitariste et le chanteur se diront quelques mots, j'ai même trouvé que ce dernier prenait un air pas super rassuré (?) mais ça n'a pas eu d'impact sur le reste du show. Je ne connais qu'un titre de ZODIAC MINDWARP, "Planet Girl" qui avait donné lieu à un clip il y a 15 ans environ, mais ils ne l'ont pas joué. Vers la fin du show, un guitariste blondinet viendra apporter un peu plus de punch à l'ensemble et le groupe jamera sur une reprise de THIN LIZZY, "The Rocker". Bien vu même si apparemment y a pas beaucoup de fans de THIN LIZZY dans le coin car ça ne réagit pas outre mesure dans les premiers rangs. Ah oui, ils ont repris aussi le "Feed My Frankestein" du père COOPER. Sympa sans être ultime. Une bonne mise en bouche pour la suite.

MOTORHEAD : pour ma part le groupe le plus attendu ce soir. Lemmy et ses sbires montent sur scène sur "We Are Motorhead" et c'est parti pour une heure (seulement ?) de hard-rock lourd dont le groupe à le secret. Je ne les ai vus qu'une fois, c'était il y a 2 ans ici même, et j'avais regardé de loin car c'était le soir et j'étais crevé. Là j'étais installé bien peinard et il y avait pas tous les Hell's ANgels clones de Lemmy ce soir. Une set-list des familles avec essentiellement que des classiques, le dernier album n'étant représenté que par ... un titre, "Life's A Bitch". Et non, MOTORHEAD, ce n'est pas IRON MAIDEN. On est heureux de voir Mikkey Dee s'ébrouer la tignasse derrière ses fûts. Mais le candide batteur est apparemment le seul à s'éclater. En effet, Lemmy caché sous son chapeau de cow-boy assure le minimum syndical et n'a pas l'air très en forme (bon, on sait qu'il est plus tout jeune ... et à la conférence de presse qui a précédé le gig, j'ai crû comprendre qu'il était un peu pataud) et Phil Campbell le guitariste au bonnet noir et aux lunettes noires n'est certes pas le gratteux le plus démonstratif ni le plus enthousiasme, même s'il remplit bien son rôle. Heureusement les classiques font toujours l'affaire et le son est bon : "Going To Brazil" (rock'n rooooooooooool), "Metropolis", "Sacrifice", "No Class", "Killed By Death", "R.A.M.O.N.E.S", "God Save The Queen" ... "Overkill", "Ace Of Spades" . Et d'ailleurs MOTORHEAD inaugure les premiers slammers du festival. Une prestation scénique malgré tout un peu décevante donc, avec le fait d'avoir un concert pas très long, pas de bombardier comme la dernière fois ... on reste sur sa faim. D'un autre côté, la bande à Lemmy n'est pas tête d'affiche ce soir.


BOHSE ONKELZ : pas grand chose à dire sur ce groupe typiquement allemand et dont les chansons ne sont connues apparemment que des teutons. Bon, ils se séparent ce soir, voilà pourquoi ils sont en tête d'affiche. Une réputation les précède car ils avaient été taxés de nazis dans leur jeunesse (une chanson de l'époque disait que les turcs devaient dégager et retourner chez eux ...). En plus de cet apparât qui, convenons-en n'est pas très attrayant, leur musique est un punk/pop metaloide pas super enthousiasmant. Je décide donc de me retirer avec les autres. Petit tour en backstage, retour au campement pour manger quelques bricoles et boire un verre avec les autres ... raccompagnage pendant une heure et demi d'un ami bourré qui trouvait plus sa tente et qui se reconnaîtra (coucouuuuuu si tu lis ces quelques mots :)))) je t'en veux pas remarque car quand j'y repense, c'était assez rigolo mdrrr). ET après, hop, un suppot ( de Satan) et au lit, demain matin, ça commence à 11H !


Metal Is Forever (vendredi 06 Août)

Alors on y arrive. Vendredi fut la journée la plus chargée, car c'est celle où je n'ai eu aucun trou. L'idée c'est que je me suis tellement donné ce jour-là, et j'ai tellement donné mon tribut au soleil que le lendemain j'étais un peu en panne :).Car pendant ces 2 jours, difficile tenir le soleil et de ne pas céder à la tentation de chercher désespérement quelque place à l'ombre. Et c'est parti pour un grand chelem de 11H à 3H le matin suivant ! Après un petit déjeuner sympa et la douche obligatoire pour ne pas partir déjà en nage, c'est parti pour le rendez-vous que nous avait fixé le groupe ORPHANAGE devant la Black Stage.

ORPHANAGE : (Black Stage) précurseur de la scène atmosphérique hollandaise, ORPHANAGE n'a jamais obtenu une considération égale à THE GATHERING ou WITHIN TEMPTATION, leur musique restant l'apanage d'un petit nombre d'initiés. Du moins en France (n'est-ce pas Alex ? :) ). Le dernier bon album du groupe Driven sorti cette année réparera sans doute cette erreur, même si la musique du combo reste plus extrême que celle de ses contemporains à mon goût. On notera dans la musique des bataves une omniprésence de riffs thrash et très accérés sur chacune de leurs compos, riffs mélés à des claviers très présents qui confèrent une atmosphère féérique à la musique. Ce qui fait qu'on ne tombe jamais dans une certaine mièvrerie qui caractérise parfois ce genre. Les musiciens sont tous en noir et semblent adorer le style latex ... heureusement qu'ils ne passent pas en plein après-midi ! Pourtant à 11H15 il commence déjà à faire bien chaud. On se trouve en présence d'un chanteur asiatique à voix extrême et de son alter ego féminin à la longue robe noire. La chanteuse a de la présence même si son jeu de scène à base de déhanchements lascifs est toujours un peu pareil. Beaucoup d'énergie et une bonne prestance pour démarrer la journée.

PARAGON : (True Metal Stage) certains trouvent ce groupe pas terrible, d'autres que c'est une copie d'HAMMERFALL sans éclat. PARAGON n'est pas très aimé de mes connaissances françaises, mais on ne peut pas en dire autant des allemands qui sont venus comme un seul homme pour chanter les hymnes. Groupe de true heavy-metal de guerriers avec les clichés inhérents au genre et les vêtements de cuir qui vont avec, PARAGON n'avait pas fait une super impression sur la date parisienne en première partie de GAMMA RAY (tournée Skelettons In The Closet, fin 2002). Pourtant je trouve qu'ils ne sont pas départis de bons refrains, assez entraînants et d'une bonne tenue de scène. Je ne connais que l'album Chalice Of Steel que j'aime bien. Alors je dis merde à ceux qui n'aiment pas, et vive PARAGON ! :) Un set carré, une entrée en scène un peu pompeuse sur l'intro du film Conan le Barbare (jouée en entier) un chanteur qui n'en fait pas trop mais qui, il est vrai a une voix parfois un peu limite, des musiciens concentrés et sincères qui font bien leur boulot. Difficile pour moi de ne pas headbanger à un rythme parfois effreiné qui ferait trembler plus d'un Sarcozy muni de son radar :). Je me souviens d'un titre, "Law Of The Blade" (qui est aussi celui d'un album) et qui m'a bien marqué. "Steelbound" aussi. Les morceaux vont du plus puissant ("Across The Wasteland") au plus speed. Ca m'étonnerait qu'ils repassent en France d'ici là, mais j'essaierai bien de me procurer quelques autres skeuds du groupe, le dernier particulièrement que d'anciens réfractaires au groupe ont qualifié de "pas mal finalement". Ou le fameux "Law Of The Blade" pourquoi pas ? ;)



CATHEDRAL : (Black Stage) j'étais heureux quand quelques semaines auparavant je me suis souvenu que CATHEDRAL était à l'affiche. Il faut dire que j'aime bien le doom (qui n'est pas la catégorie de metal la plus représentée dans le paysage actuel) et aussi le stoner. CATHEDRAL, c'est un peu les fils spirituels de BLACK SABBATH et des doomers des années 80 (TROUBLE, PENTAGRAM, ST VITUS ...). Et Lee Dorian est une personnalité à part dans le monde du metal, un chanteur attachant et très expressif. De toute façon il faut être expressif pour faire du doom à la base. Arrivant sur scène la clope au bec d'un air désinvolte, avançant et reculant à sa guise à petits ou grands pas, le poing sur la hanche, plus déchaîné sur le rappel indispensable "Hopkins (Witchfinder General)" (sans doute LE grand classique du groupe), Lee se donne et se lâche, vocifère dans son micro et finit à genoux sur "Carnival Bizarre" devant l'acclamation des fans. Sinon on a Gary Jennings le fidèle guitariste désormais la boule à zéro qui se débrouille dans son coin, gratifiant parfois d'une petite impro à la guitare. Le bassiste et le batteur arborent eux un look largement emprunté aux années 70 avec bandanas et pantalons pattes d'eph. Le point faible de la prestation, c'est que le doom est un style (comme le black) qui prend de l'ampleur surtout le soir en salle. Là avec la soleil en pleine face, on apprécie forcément pas de la même façon que lorsque les doomers étaient passés en première partie de SAMAEL à la Loco l'an dernier. Et puis ce temps, insuffisant pour pouvoir avoir d'autres perles du groupes ("Ebony Tears", "Midnight Mountain", "Soul Sacrifice", " Cosmic Funeral"...), telle est la dure loi du Festival. J'étais heureux de les revoir cependant.

set-list CATHEDRAL :
1) A Funeral Request (Ethereal Architect) (Forest Of Equilibrium, 1991)
2) Ride (The Ethereal Mirror, 1993)
3) Stained Glass Horizon (Supernatural Birth Machine, 1996)
4) Carnival Bizarre (Carnival Bizarre, 1995)
5) Congregation Of Sorcerers (VII Coming, 2002)
6) ? (pas reconnu)
7) Hopkins (Witchfinder General) (Carnival Bizarre, 1995)

ARTEFACT : (Wet Stage) ne connaissant pas WEINHOLD (True Metal Stage), je décide d'aller boire un verre backstage avec les autres, car il est 13H15 et on sue à présent à grosses gouttes. Or, on apprend que dans quelques minutes, il y a un petit groupe français, ARTEFACT, qui se produit sur la Wet Stage (la scène sous la tente du karaoké d'hier). Courageusement, on entre dans l'antre où la chaleur est encore plus oppressante que dehors, même si on ne subit plus la morsure du soleil. Beaucoup de français squattent évidemment les premiers rangs, mais l'auditoire est assez conséquent. Les membres d'ARTEFACTS ont l'air sympathiques, ce qui contraste avec leur musique : un death/black à tendance mélodique, mais avec des passages qui tapent bien quand même. L'un d'eux arbore un t-shirt de BATHORY, histoire peut-être de rendre un hommage à Maître Quorthon. Une très bonne surprise. Ce qui est bizarre c'est que je n'avais jamais entendu parler de ce groupe dans nos contrées. Un nom à retenir ; je ne suis resté que 2 morceaux, car je n'avais pas envie de louper ARCH ENEMY sur la Black Stage.



ARCH ENEMY : (Black Stage) ça sera la deuxième fois que je verrai ARCH ENEMY et leur tête de proue la valeureuse et énervée Angela. Ayant commencé le show dans les premiers rangs, je me résoud finalement à rétrograder de place dans la foule, en me disant que je verra largement mieux l'ensemble de la scène de plus loin. Rien à redire, le groupe a toujours une patate d'enfer, que ça soit le grand bassiste Sharlee d'Angelo, ou les deux frangins Amott. Les musiciens sont maîtres de leur art, mais l'attention est captée par la charmante Angela, véritable petite "entertaineuse". Les morceaux des redoutables 2 derniers albums sont redoutables ("Silent Wars", "Ravenous", "We Will Rise" ...). Dans le public en tout cas, c'est le premier concert où il sera difficile de rester dans les premiers rangs sans flancher.

BRAINSTORM : (True Metal Stage) l'édition de cette année ne nous déçois vraiment pas au niveau des groupes de scène, car après ARCH ENEMY et une translation sur la scène juste à côté, c'est maintenant l'heure de BRAINSTORM. Ca sera la troisième fois que je les verrai, la dernière fois c'était à Paris (Elysée-Montmartre) en ouverture d'EDGUY. La bande à Andy avait créé la surprise dans les rangs de ceux qui ne les connaissaient pas, tant il est vrai que les hymnes sont imparables et que le groupe dégage une forte impression sur scène. Notamment Andy B. Frank (chanteur également de SYMPHORCE), un des meilleurs performers que je connaisse actuellement. D'ailleurs c'est pas compliqué, ce sera ce jour à mes yeux le meilleurs homme de scène, allant à gauche à droite, communiquant énormément avec le public (en allemand, dommage). Ici en terrain conquis, les musiciens sont à l'aise et sortent les cartouches des 2 derniers opus les unes après les autres : "Blind Suffering", "Doorway To Survive", "Hollow Hideway", "Fornever", "The Leading" ... Metus Mortis et Soul Temptation sont donc ici à l'honneur. On aura droit à des effets scéniques (lance-flammes etc ...), les premiers de la journée si je me souviens bien. Le dernier titre sera un titre en allemand que je ne connais pas. M'enfin, une des prestations les plus convaincantes du festival.



MAYHEM : (Black Stage) De retour à la Black Stage, c'est un sinistre spectacle qui nous attend. Pour la troisième fois où je les vois, MAYHEM a sorti le grand jeu, avec les artifices qui ont fait sa réputation. En effet, des têtes de porcs toutes fraîches sont empalées sur le devant de la scène, pour nous signifier que le groupe de black légendaire renoue avec le mauvais goût qui a fait sa réputation. Peut-être même plus que sa musique, diront les mauvaises langues. Sous le soleil, les 3 musiciens viennent prendre place : Hellhammer aux fûts, Blasphemer à la basse, Necrobutcher nouveau leader du groupe et successeur du légendaire Euronymous à la guitare. Puis celui sur lequel va se focaliser l'attention du public arrive : un Maniac en grande forme, torse nu, le visage peinturluré de blanc et les cheveux grisonnants. Alors en gros, c'est lui qui fait le spectacle car les autres resteront à leur place. Le Monsieur armé d'un long couteau s'entaillera dans un premier temps la main, puis il fera joujou avec les têtes de porc, découpage, dégagement dans le public. Gore, provocant, les âmes sensibles (y en a-t-il à Wacken) et ceux qui sont passés au hasard devant le groupe ont du être surpris. On aura aussi des lance-flammes, de la fumée etc ... Niveau musique, je pense qu'on a eu droit à un bon best of. "Deathcrush", "Before The Silence", "View From Nihil", "Whore", "Pure Fucking Armageddon" (où Maniac fera un tour dans le public), et le toujours très attendu "Freezing Moon". Si ce n'est que le son n'était vraiment pas génial, mais avec MAYHEM on se demande toujours si ce n'est pas un peu fait exprès. Toujours est-il que, même s'il était plus sobre, l'atmosphère de la Loco est beaucoup plus envoutante pour un groupe de cet acabit.

GRAVE DIGGER : (True Metal Stage) retour à la scène d'à-côté pour le show des allemands de GRAVE DIGGER. Contrairement à MAYHEM, on aura droit avec GRAVE DIGGER à un show un peu trop conventionnel et sans réelle surprise, malgré une set-list et des brulôts toujours aussi implacables. Chris est toujours impérial, le bassiste Jens égal à lui-même (c'est-à-dire imperturbable) et Manni le guitariste (ex-RAGE) un peu pataud sur scène. Pourtant les morceaux valent le détour, l'arrivée sur scène sur l'ouverture "The Ring" puis l'enchainement sur "Rheingold" (extrait éponyme du sympathique dernier album sorti en 2003) mettant le feu aux poudres. Bonne surprise, ils ont sorti "The Grave Dancer" et "The Battle Of Bannockburn" que j'avais jamais entendu live. Sinon ce sera ensuite du classique avec des hymnes guerriers intemporels dont le groupe a le secret. Avec "Valhalla" et son riff qui tue, les fossoyeurs ont trouvé un nouvel hymne (superbe ce morceau). Un bon concert, mais par rapport au show de 2001 (d'où est extrait le live Tunes Of Wacken), il manquera quand même une petite étincelle, un soupçon de surprise et de folie pour que l'on soit vraiment dedans.

set-list GRAVE DIGGER :
1) The Ring (instrumental) (Rheingold, 2003)
2) Rheingold (Rheingold, 2003)
3) The Grave Dancer (Heart Of Darkness, 1995)
4) The Dark Of The Sun (Tunes Of War, 1996)
5) Excalibur (Excalibur, 1999)
6) The Brave (instrumental) (Tunes Of War, 1996)
7) The Battle Of Bannockburn (Knights Of The Cross, 1998)
8) Son Of Evil (The Grave Digger, 2001)
9) Morgane Lefay (Excalibur, 1999)
10) Knights Of The Cross (Knights Of The Cross, 1998)
11) The Round Table (Forever) (Excalibur, 1999)
12) Scotland United (Tunes Of War, 1996)
13) The Grave Digger (The Grave Digger, 2001)
14) Rebellion (The Clans Are Marching) (Tunes Of War, 1996)
15) Valhalla (Rheingold, 2003)
16) Heavy Metal Breakdown (Heavy Metal Breakdown, 1984)



DIO : (True Metal Stage) ne jamais avoir vu DIO, c'est pas bien :) L'avoir vu en petite salle, c'est sympa (2 fois pour moi). Mais le voir dans son vrai élément, dans les grands festivals comme lors de la glorieuse époque des années 80, ça c'est le pied. Voilà ce que je me disais avant le show. Et je ne pensais pas que j'allais voir le meilleur concert de cette édition. Non seulement Ronnie James Dio est "THE" Voice Of Metal. Cette voix qui roucoule ou chante avec plus de hargne depuis maintenant ... 50 ans (!!!) ... enfin surtout depuis 30 ans. Mais sur scène, malgré son âge, le lutin est toujours aussi expressif avec ses poses caractéristiques. Sa présence et son charisme sont phénoménaux. Quant aux musiciens qui l'accompagnent, je n'en parle même pas. Outre le guitariste Craig Goldy (ex-GIUFFRIA) revenu au bercail suite au départ de Doug Aldritch chez WHITESNAKE, on a Rudy Sarzo à la basse (ex-QUIET RIOT, ex-OZZY OSBOURNE, ex-WHITESNAKE, ex-MANIC EDEN ... en remplacement du vétéran Jimmy Bain). Et le batteur Simon Wright (ex-... AC/DC !!!, dire que j'ai rencontré le Monsieur en backstage par la suite !!!). Quant au claviériste un peu revêche, avec ses airs aristocrates et ses cheveux grisonnants, il s'agit de Scott Warren que personnellement je ne connais pas. Du début à la fin, backdrop de Holy Diver au fond de la scène, ce sera un feu d'artifice de hits, d'émotions et une présence scénique incroyable. Les morceaux sont issus de toute la carrière du Monsieur (de RAINBOW à DIO en passant par BLACK SABBATH), oubliant mon titre préféré qui est "The Last In Line" mais ce n'est pas bien grave tant on est pris dans la prestation. Il suffit de voir la set-list ci-dessous pour s'apercevoir à quel point l'homme a marqué le monde du heavy metal. On aura doit à des titres qui sont rares sur scène ("The Sign Of The Southern Cross" de BLACK SABBATH mixé avec "Stargazer" de RAINBOW, "Gates To Babylon" de RAINBOW, "Rock'n Roll Children" de l'album Sacred Heart ...) et aussi à un morceau du prochain album dont la sortie est imminente. La foule reprendra même les "oh-oh-oh" du morceau ! Un délice. Et c'est un Joey De Maio (MANOWAR) qui passait par là en fin de concert qui est venu remettre un trophée en forme d'écu à son Maître à penser. Car Joey nous a rappelé qu'il était le roadie de BLACK SABBATH lorsque Ronnie James Dio était chanteur du groupe (1979-1983), et que c'est lui qui lui a donné le goût du heavy metal. Et donc sans DIO il n'y aurait peut-être pas eu MANOWAR. La foule du Wacken a donc salué Monsieur Dio, qui est reparti très ému sous les acclamations. La grande classe !

set-list DIO : 1) King Of Rock'n Roll (Sacred Heart, 1985) 2) The Sign Of The Southern Cross (BLACK SABBATH, Mob Rules, 1981) + Stargazer (RAINBOW, Rising, 1976) 3) Stand Up And Shout (Holy Diver, 1983) + drum solo (avec musique d'ambiance) 4) Don't Talk To Strangers (Holy Diver, 1983) 5) The Eyes (Master Of The Moon, 2004) 6) Rainbow In The Dark (Holy Diver, 1983) 7) Man On The Silver Mountain (RAINBOW, Ritchie Blackmore's Rainbow, 1975) + solo guitare + Long Live Rock'n Roll (RAINBOW, Long Live Rock'n Roll, 1978) + reprise de Man On The Silver Mountain 8) Rock'n Roll Children (Sacred Heart, 1985) 9) Gates Of Babylon (RAINBOW, Long Live Rock'n Roll, 1978) 10) Holy Diver (Holy Diver, 1983) 11) Heaven And Hell (BLACK SABBATH, Heaven And Hell, 1980) 12) We Rock (The Last In LIne, 1984)

DESTRUCTION : (Black Stage) après le show de DIO, il va être dûr de résister à la suite, maintenant à la nuit tombée. Et pourtant, c'est DESTRUCTION qui va commencer son set. La dernière fois, c'était au Wacken 2002 que je les avais vus, bien que c'était plus furtif. Là, je m'instale tranquilement car le spectacle va être à la hauteur. Et puis les shows de nuit, c'est les plus beaux. Ca commence comme d'habitude avec le classique "Curse The Gods", sous de superbes lumières bleutées du plus bel effet, qui seront utilisées d'ailleurs pendant tout le show avec plus ou moins d'impact, et de façon stromboscopique. Dans le temps qui lui est imparti, la bande à Schmier fera à la fois part à de grands classiques (3 titres d'Eternal Devastation) et aussi aux morceaux phares des 3 derniers albums. Schmier, le bassiste/chanteur-hurleur/leader, grand échassier tatoué et couvert de ferraille dont l'ombre se découpe sur la scène est impressionnant. Son vieux compère Mike, le guitariste se ballade sur scène, son importante tignasse au vent. Et on imagine le batteur avec ses pédales et ses bras partout. DESTRUCTION est ce soir l'inébranlable rempart du thrash allemand, avec son style si particulier, ses syncopes et ses guitares hachées mais aussi mélodiques. A la fin du concert, "Bestial Invasion" est dédié à tout ceux qui ont un groupe. Puis sur le rappel "Total Desaster", c'est un Abbath (ex-IMMORTAL) démaquillé et en touriste qui vient grogner ! Difficile de le reconnaître là comme ça au naturel et sans ses gargouillis. Mais il y a aussi Peter Tatgren (HYPOCRISY) et Sabina Classen (HOLY MOSES) qui sont de la fête. Une belle surprise. Ah, c'est beau la solidarité entre les groupes, c'est aussi ça l'esprit du Wacken. Du heavy metal d'ailleurs. Sur ceux, le groupe quitte la scène tranquillement comme il est venu.

set-list DESTRUCTION :
1) Curse The Gods (Eternal Devastation, 1986)
2) Mad Butcher (Sentence Of Death EP, 1984 / Mad Butcher EP, 1987)
3) Nailed To The Cross (The Antichrist, 2001)
4) United By Hatred (Eternal Devastation, 1986)
5) The Ravenous Beast (Metal Discharge, 2003)
6) Life Without Sense (Eternal Devastation, 1986)
7) The Butcher Strikes Back (All Hell Breaks Loose, 2000)
8) Thrash Till Death (The Antichrist, 2001)
9) Desecrators Of The New Age (Metal Discharge, 2003)
10) Bestial Invasion (Infernal Overkill, 1985)
11) Total Desaster (Sentence Of Death EP, 1984 / All Hell Breaks Loose, 2000)

DORO & WARLOCK : (True Metal Stage) alors que nous sommes bien fatigué, nous nous disons que nous ne pouvons louper la reformation de WARLOCK (line-up 1986), car il s'agit d'un des moments phare de cette année. WARLOCK a en effet démarre en 1984 et alors que le Wacken fête des 15 ans, l'ex-(et peut-être futur) groupe de la blonde Doro fête ses 20 ans. Finalement, j'aurai mieux fait d'aller rejoindre ma tente car ce fut une grosse déception. Le set se découpait en 2 parties (avec un temps interminable entre les 2) : une première partie symphonique avec des musiciens classiques, les musiciens de WARLOCK en acoustique et des guests prévus. Une tentative de copiage d'un certain S&M ? Puis une seconde partie électrique, plus courte mais plus passionnante sans doute ... je dis sans doute car je commence à grave tomber de sommeil. Etant en backstage avec d'autres, une connaissance vient nous annoncer d'un air dépité que WARLOCK c'était commencé mais ... que c'était vraiment pas terrible. On se rend sur place ... et là, c'est un "Metal Tango" symphonique qui nous attend. L'interprétation est surprenante et bizarre. Ca refroidit surtout. Et il n'y a pas que nous car même des Allemands n'ont pas l'air très très enthousiastes, malgré la côte d'amour que possède Doro chez ses compatriotes. Et c'est alors que le premier guest arrive, et Doro en maîtresse de cérémonie lui laisse la place. Et ce premier guest, c'est Blaze Bayley. Comment exprimer le sentiment qui nous saisit lorsque l'ex-chanteur de MAIDEN, devenu un gibbon en pleine Paul Di'Anno-isation arrive sur scène ? Difficile de le reconnaître. Encore plus adipeux qu'avant, heureusement que le ridicule ne tue pas car il serait mort depuis longtemps. On lui reprochait en 1995 d'être trop statique, aujourd'hui c'est l'effet inverse, mais ... il est vraiment ridicule. Dans son attitude déjà. Son nouveau look à la rigueur, ça le regarde (cheveux courts, barbe, et le traditionnel bonnet). Mais quand il commence à chanter l'hymne "The Trooper" avec l'orchestre symphonique ! C'est le massacre. Puis c'est "Man On The Edge" qui subit le même traitement. Pris entre rire et désolation, je le vois ensuite piteusement quitter la scène. Après ce moment d'anthologie, la soirée ridicule-metal (oh, une nouvelle étiquette) n'est pas terminée puisque, après un "Fur Immer" toujours symphonique (avec en guest Chris Caffery de SAVATAGE à la guitare) mais bien pataud (déjà que l'originale ne me branche pas plus que ça ...), un autre morceau que je ne connais pas et un "Burnin' Up" mou du genou, la demoiselle s'attaque à une cover en symphonique. Mais ce n'est pas une ballade qui est choisie, non. Car ils ont réussi à transformer le "Breaking The Law" de PRIEST en ballade symphonique. Et là, on atteint le fond. Personne ne s'amuse au cours de cette reprise pathétique, sauf du ridicule de la situation. Imaginez une chanson avec des paroles quand même assez cinglantes et un riff metal d'anthologie à cette sauce. Chacun aura apprécié en tout cas. Heureusement, après le refrain, le deuxième couplet et repris avec plus de vigueur et de normalité. Ouf, il était temps. Il était temps que cette première partie insupportable s'arrête d'ailleurs (on a eu droit aussi à "Always Lose To Win" et "All We Are" dont le refrain a été repris 666 fois comme d'habitude. Retour aux backstages pour s'en remettre, puis comme on est un peu pétés et qu'on fatigue dûr (il approche 2h du matin), on traine et on finit quand même par aller voir la deuxième partie de WARLOCK. Et là c'est redevenu électrique, l'orchestre a dégagé et les "Burning The Witches" et "Hellbound" nous remettent un peu d'aplomb. WARLOCK quitte la scène et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas été fêtés c'est le moins que l'on puisse dire. Il y a eu des sifflets, un des musiciens s'est même pris un objet. C'est bien la première fois que celà arrive au Wacken et c'est surprenant que celà tombe sur WARLOCK. Pas si surprenant que celà quand on s'imagine ce que pouvait penser un envoyeur intransigeant de la première partie très limite, et éventuellement d'un "monayage" pour une reformation qui n'aura peut-être duré qu'une nuit et qui aura laissé un goût amer dans les bouche des fans qui auraient souhaité autre chose. Décevant donc. Alors on ravale son énervement et son aigreur, et on se dirige difficilement vers la Black Stage où va jouer le dernier groupe de la soirée, un groupe que je souhaite découvrir justement : AMON AMARTH.




AMON AMARTH : (Black Stage) dûr dûr de résister après un midi et une après-midi passés à rôtir au soleil, des concerts de feu en fin d'après-midi et en soirée, et la fatigue qui nous taraude renforcée par la déception sus-citée. AMON AMARTH ne joue cependant qu'une heure (2H-3H du matin), donc on se dit qu'on va faire un effort et que le repos sera mérité ensuite. J'étais quand même encore conscient lors de la prestation des vikings. Le chanteur c'est un croisement entre un viking et un ours, il est immense. Il ne manque que le casque à cornes. Musicalement, c'est du death mélodique scandinave très ample, parfois rapide, souvent épique. Sur scène, peu d'artifice mais une présence et un impact très fort. Je ne connais que des bribes de ce groupe, mais on m'a aidé à reconstituer la set-list. Il n'y a guère que "Bleed For The Ancient Gods" que je connaissais, et je sussurais les riffs dans mon état semi-comateux. Après pour les connaisseurs il y a "Victorious March", "For The Stabwounds In Our Backs", "Where Silent Gods Stand Guard", "Masters Of War" ... C'était déjà pas mal pour ce que j'ai pu voir, nul doute que j'apprécierai davantage lors de leur prochain passage à la Loco à l'automne.

3H15 : Allez hop, dodo !

Recreation Day (samedi 07 Août)

Et c'est parti pour un deuxième jour avec un peu plus de trous pour respirer (ce qui n'est pas plus mal), mais non moins passionnant que la veille. Si ce n'est qu'à 11H, j'ai vu que 2 chansons d'ONKEL TOM (qui devait être accompagné par la fanfare des pompiers, tout un programme !), et que j'ai pu vérifier qu'à 11H15 y a déjà des allemands bourrés =)).
Sinon, j'ai du partir avant car j'avais des achats à faire et je ne voulais pas du tout louper DEATH ANGEL.


DEATH ANGEL : (True Metal Stage) ils sont venus, ils ont vu, ils ont vaincus. Premier concert intégral et première baffe dans les molaires... mais était-ce réellement une surprise ? A chaque fois c'est le bourre-pif assuré avec les Californiens, qui nous délivrent encore ici une prestation énergique de heavy/thrash. Technique mais avec du feeling, superbement executé, ça démarre sur "Seemingly Endless Time" (le premier titre de Act III) et ça ne vous lâche pas pendant une heure. Le groupe est heureux et déchaîné, à l'image du sémillant Mark Osegueda décidément toujours au top de sa forme. Ceux qui ont découvert la tornade auront eu une super bonne impression. Et les titres se succèdent, les quelques titres de The Art Of Dying sorti cette année faisant figure de petits-frères pour les "Voracious Souls" et "Kill As One". Depuis sa reformation voilà quelques mois maintenant, DEATH ANGEL met vraiment les bouchées doubles, son dynamisme et sa sincérité ne peuvent être mis en dout tellement on ressent sur scène leur envie de bien faire, et celle de se faire plaisir ainsi qu'à leurs fans. Si vous avez l'occasion de les voir, ne les loupez pas. La tornade passée, je vais me prendre une pause... Déjà ? ben c'est-à-dire que dans quelques minutes ensuite, une deuxième monstruosité du thrash arrive, et non des moindres puisqu'il s'agit d'ANTHRAX. Entre temps j'écoute de loin UNLEASHED sur la Black Stage, un groupe culte du death scandinave (avec ENTOMBED) ça a l'air pas mal mais une envie de boisson fraîche se fait trop sentir. Sur la Party Stage, c'est EKTOMORF et vu ce que j'entendais (du sous-SEPULTURA post-Roots), ça faisait pas trop envie.

ANTHRAX : (True Metal Stage) Après la Californie, New-York. L'an dernier, la bande aux Ian, Bush et Benante avait effectué une prestation convainquante au Rock Hard Fest de Gelsenkirschen, et là je suis heureux de les revoir. Car ANTHRAX est définitivement un groupe de scène : une communication sans faille, un groupe toujours en grande forme, un Scott Ian en bermuda qui n'a pas changé physiquement depuis 10 ans et qui est toujours prêt à délivrer quelques facéties (on attend avec impatient sa chorégraphie de la danse des indiens =)) )... et puis bien évidemment des hymnes heavy/thrash qui font partie du patrimoine metalique mondial. Les 5 arrivent, backdrop du dernier album, leurs costumes noirs avec le pentagramme mauve comme l'an dernier... et surtout la baffe "N.F.L." ! D'entrée de jeu, le ton est donné. Et ce n'est pas l'enchaînement sur "Got The Time" qui va nous calmer ... le groupe a une superbe patate, le public est au anges et dans les premiers rangs, ça slamme. Moi, je suis avec les autres un peu plus loin, et on s'amuse à faire le singe sur les morceaux, sous l'oeil de quelques allemands amusés =)). On attend un titre du premier album, et le groupe ne nous déçoit pas en sortant "Deathriders" ; ça fait bizarre avec la voix de John Bush, et cette version est moins rapide que l'originale. La prestation est détonnante, et on remercie le groupe d'avoir fait leur version d'"Antisocial" (c'est qu'on en est fier nous en France !). La sortie se fait sur le morceau "Unclefucker", extrait de South Park, ce qui nous rassure sur l'état mental et la maturité du groupe =)) Excellent !!

set-list ANTHRAX :
1) N.F.L. (Among The Living, 1987)
2) Got The Time (Persistence Of Time, 1990)
3) Caught In A Mosh (Among The Living, 1987)
4) Safe Home (We've Come For You All, 2003)
5) Antisocial (State Of Euphoria, 1988)
6) Room For One More (Sound Of White Noise, 1993)
7) What Doesn't Die (We've Come For You All, 2003)
8) Indians (Among The Living, 1987)
9) Deathriders (Fistful Of Metal, 1983)
10) Be All, All End (State Of Euphoria, 1988)
11) Only (Sound Of White Noise, 1993)


Après ANTHRAX, CANNIBAL CORPSE investit la Black Stage. Je regarde un peu, car si je ne suis pas tout-à-fait fan, force est de constater que les Américains sont une véritable machine de guerre sur scène, et que leur death!gore prend toute son ampleur... contrairement à l'écoute d'un de leurs disques où je m'ennuie au bout d'un moment. Sur la Party Stage, je fais un arrêt pour écouter 2-3 titres d'AFTER FOREVER. Ayant encore en mémoire le concert somptueux de la Loco 7 mois auparavant, je voulais assister à tout le concert mais là encore, la chaleur étouffante ne m'a pas fait résister plus longtemps alors que non loin de là l'ombrage des backstages m'ouvraient les bras. Sans compter que je voulais garder de l'énergie pour la prestation de NEVERMORE ensuite. AFTER FOREVER donc, que dire ? Un groupe bien en place sur scène, même si c'était moins carré qu'à la Loco je trouve (et puis le contexte n'estpas le même). Et puis un son franchement pas terrible, ce qui est bien dommage. Et Floor bien que toujours impressionnante sur scène était beaucoup moins en voix je trouve.


NEVERMORE : (True Metal Stage) Ah, NEVERMORE. Voici la 3ème fois que je vais les voir sur scène, et il faut dire que c'est le style de groupe aux prestations magiques. Je veux dire par là que ce groupe est un de ceux qui, sans en faire trop, arrivent à dégager pas mal de feeling et d'énergie sur scène. Ils savent tenir une scène quoi. Alors enfin, pour cette troisième fois, je connais ENFIN un album de NEVERMORE ! Il s'agit d'Enemies Of Reality sorti l'an dernier. Un album que j'avais vraiment bien apprécié. Ca me fait penser qu'au cours de ce Wacken, j'ai réussi à dégoter Dead Heart In A Dead World et Dreaming Neon Black respectivement à 10 et 9 euros. Alors qu'ils valent super chers en France :). Mais revenons au concert. Les bons points : une mise en place impeccable des musiciens, une pioche dans des morceaux irrésistibles (arrivée sur le superbe "Enemies Of Reality"), des morceaux aux riffs carrés et aux solos superbes, avec ce côté hypnotique renforcé par cette voix si particulière de Warrel Dane, coiffé d'un joli chapeau de cow-boy. Un frontman qui communiquera pas mal avec son public. Et là on en arrive à un point crucial, le point noir du concert : le son. Car le son est vraiment pas bon, ce qui est quand même très surprenant pour la True Metal Stage. C'est juste si on entend le chanteur sur le premier morceau. Même si on sentira une amélioration au cours de la prestation, rien à voir avec les conditions exceptionnelles du Rock Hard Fest l'an dernier. Ca a du surprendre les fans qui je trouve on eut un peu de mal à entrer dans le concert. DOmmage qu'il y ait eu ce problème vraiment génant car le groupe n'a pas démérité ... tiens, on n'a pas eu la reprise de "The Sound Of Silence" de SIMON AND GARFUNKEL il me semble. D'un autre côté, vu que je ne la reconnais pas même quand on l'annonce =)).
Un peu crevé (décidément ce samedi, c'était très dur), je décide d'aller à l'ombre un peu plus loin, entendant les hymnes d'HYPOCRISY. Un groupe essentiel pour moi, mais là, ça ne suit plus. Apparemment c'est un show "best of" que les Suédois ont décidé de faire, avec quelques titres du petit dernier. De plus, il me faut garder des réserves pour HELLOWEEN, car une surprise est annoncée et je veux essayer d'être proche de la scène.

HELLOWEEN : (True Metal Stage) S'il y a bien un groupe fédérateur pour lequel les allemands vont se déplacer en masse, c'est bien HELLOWEEN. La surprise, on s'en doute un peu, et le show nous donnera raison. Seulement, les amateurs de metal mélodique sont sur la Party Stage en train d'écouter THUNDERSTONE, et donc j'arrive facilement pendant ce temps-là à me frayer un chemin et à atteindre une place satisfaisante pour le show des citrouilles. Bon, sinon THUNDERSTONE, même si c'est sympathique c'est toujours aussi peu original, donc je n'ai pas loupé grand chose. Tut tut !! Le show d'HELLOWEEN commence. Le groupe est en grande forme et on sent que ce concert est important pour eux. Et pour le public aussi car à côté de moi, une jolie petite allemande blonde et assez ... sexy fera la fête tout le temps. Mickael Weikath est transformé ! DU temps de Roland Grapow, il était toujours dans son coin la clope au bec ... ici, il sourit, il est content, et il va même faire des vannes avec Sieur Derris pendant tout le show, adoptant une voix un peu suraigue (style Mickey Mouse). Si c'est sa vraie voix, je le plains. Mais on préfère le voir comme ça. Andy Derris lui peine pas mal au chant. C'est dur dur dans les montées, bref je l'ai déjà vu plus performant que ça. Sacha le p'tit nouveau (ex-FREDDOM CALL) est à l'aise et parfaitement intégré au groupe. Markus comme d'habitude est le plus joyeux du groupe, toujours souriant en gambadant avec sa basse. Et le batteur à crête (bizarre) bastonne, mais certains diront qu'il a massacré certains morceaux. Pour ma part, j'ai dû entendre un truc qui déconnait dans la rythmique du morceau "Keeper Of The Seven Keys", mais à part ça. HELLOWEEN confirme donc un regain de pêche comme on l'avait présenti en première partie d'IRON MAIDEN à Bercy en novembre 2003. La set-list est quand même bien bandante car on a pas mal de classiques et les amateurs de la vieille époque seront comblés.
Le concert se poursuit donc dans l'allégresse et la joie, joie décuplée lorsque pour les rappels, Kai Hansen rejoint le groupe pour 2 morceaux ("How Many Tears" gé-ant, et "Future World"). Le public est en fête, et nul doute qu'HELLOWEEN à 3 guitares et avec Kai Hansen (qui avait quitté le groupe voilà 15 ans !), on ne verra pas ça tous les jours. Ils auraient du laisser Kai Hansen chanter n'empeche. Le groupe quitte la scène enchanté, et le public heureux se prépare encore à une longue soirée.

set-list HELLOWEEN :
1) Starlight (Helloween EP, 1985)
2) Keeper Of The Seven Keys (Keeper Of The Seven Keys part II, 1988)
3) Eagle Fly Free (Keeper Of The Seven Keys part II, 1988)
4) Hey Lord ! (Better Than Raw, 1998)
5) If I Could Fly (The Dark Ride, 2000)
6) Power (Time Of The Oath, 1996)
7) Dr Stein (Keeper Of The Seven Keys part II, 1988)
8) How Many Tears (Walls Of Jericho, 1986)
9) Future World (Keeper Of The Seven Keys part I, 1987)



Je devais assister à la prestation de CHILDREN OF BODOM. J'ai juste regardé un peu car d'une part je les ai quand même vus plusieurs, même si j'aime bien et si sur scène ça dépote je ne suis pas fan "ultime" (je suis surtout fan des 2 premiers albums). Et puis d'autre part il me faut aller ranger quelques affaires au camping et je ne pourrais pas le faire ensuite car il y a SAXON et après il fera noir. Après ce rangement et un petit repas vite fait, il fait noir et je reviens pour les vétérans anglais.

SAXON : (True Metal Stage) Biff et les siens sont un peu les parrains du festival. C'était émerveillé que j'avais assisté pour la première fois à l'un de leurs concerts en tête d'affiche au Wacken 2001, l'année où ils avaient ramené l'aigle comme au bon vieux temps. Et c'était grand au premier rang. Là je suis plus loin pour assister à la grand messe du rock'n roll. Comme d'habitude c'est du tout bon, d'autant que les lights sont superbes et le son génial. Le backdrop c'est la pochette du prochain album (superbe, c'est le dessinateur de la pochette de Crusader qui a oeuvré). Les musiciens égaux à eux-mêmes comme d'habitude. Biff maître de cérémonie, demande si on passe une "Fuckin' good time" et le public répond comme un seul homme. Ca lui arrive même de parler à la caméra en lui demandant de se tirer sinon le public ne va rien voir, héhé. La foule est immense et il falait s'en douter, c'est géant car les fans de metal de tous poils sont là. La set-list, c'est des indémodables (arrivée sur "Heavy Metal Thunder", puis les "20000 Feet", "Motorcycle Man" où Biff invite le timide organisateur du Wacken - qui ne se fera pas prier pour décamper avec sa guitare une fois la chanson finie, il a du être impressionné par la foule lol - etc ...), quelques surprises ("Travelers In Time", le vieux "Backs To The Walls" extrait du premier album, et aussi "Rock Is Our Life" extrait pas forcément de référence de l'album Killing Ground). Il y aura des guests : l'ancien batteur Nigel viendra jouer sur "747 (Strangers In The Night)", puis Jorg Michael (ex-plein de trucs mais surtout démissionnaire récent de STRATOVARIUS et peut-être embauché définitivement dans SAXON ensuite). Et sur "Denim And Leather", c'est un festival avec sur scène Schmier (DESTRUCTION) et Chris Caffery (SAVATAGE) et superbe feu d'artifice à la fin. Quel grand moment vraiment que ce concert de SAXON ! Seul râté : sur "Wheels Of Steel", un guest devait venir chanter avec le groupe (parait que c'était Blaze Bayley ... décidément il arrive à se faire remarquer même absent) ... mais pas de nouvelles, et pendant 10 minutes vers la fin, on aura droit à Biff et à la basse. Biff essayant de meubler en disant tout et n'importe quoi au public, allant même jusqu'à raconter une histoire avec des "big tits", j'avoue que pas grand monde a compris lol. Ah l'humour anglais sans doute. De toute façon, SAXON en concert ça reste toujours excellent car on ne s'en lasse pas, les morceaux sont entrainants et il s'y passe toujours quelquechose. On osrt de là complètement éblouis. Fatigué mais enthousiasmé, et me disant que c'est bientôt fini, pour faire durer la magie, je me décide d'aller voir SATYRICON.

set-list SAXON :
1) Heavy Metal Thunder (Strong Arm Of The Law, 1980)
2) Dogs Of War (Dogs Of War, 1995)
3) Backs To The Walls (Saxon, 1979)
4) Solid Ball Of Rock (Solid Ball Of Rock, 1990)
5) 20000 Feet (Strong Arm Of The Law, 1980)
6) Travelers In Time (Metalhead, 1999)
7) Dragon's Lair (Killing Ground, 2001)
8) Drums solo
9) The Eagle Has Landed (The Power And The Glory, 1983)
10) Rock Is Our Life (Killing Ground, 2001)
11) Motorcycle Man (Wheels Of Steel, 1980)
12) Strong Arm Of The Law (Strong Arm Of The Law, 1980)
13) Princess Of The Night (Denim And Leather, 1981)
14) 747 (Strangers In The Night) (Wheels Of Steel, 1980)
15) And The Bands Played On (Denim And Leather, 1981)
16) Crusader (Crusader, 1984)
17) Guitar Solo
18) Wheels Of Steel (Wheels Of Steel, 1980)
19) Denim And Leather (Denim And Leather, 1981)
20) Forever Free (Forever Free, 1992)
21) Dallad 1 P.M. (Strong Arm Of The Law, 1980)


SATYRICON : (Black Stage) le ciel est noir, SAXON m'a réveillé, l'approche de la fin du festival me dit d'utiliser mes dernières réserves pour aller voir SATYRICON. Je ne connais SATYRICON que de nom. Je m'avance donc vers la Black Stage pour un spectacle moins jovial que SAXON mais assez envoutant je dois dire. Il y a moins de monde maintenant, et je m'assied par terre en face de l'écran géant. De là je vois juste la scène à côté. Le chanteur de SATYRICON est assez impressionnant, longs cheveux noirs, maquillé légèrement à la black. J'étais un peu dans le brouillard, cependant j'ai reconnu le premier titre, "Walk The Path Of Sorrow" car je le possède sur le premier volume de la compilation Blackened (la compil qui m'a permis de me faire les dents au niveau black metal dans les années 97-98). Un morceau à la fois violent et ambiant, avec des genres de choeurs très amples, mais je ne peux en dire plus. J'ai du regarder 3 maximum 4 titres, je dois dire que c'était pas mal. Pas assez pour voir arriver Nocturno Culto (DARKTHRONE) qui doit venir en guest. Après avoir retrouvé quelques camarades épars, nous voici de nouveau sur le chemin du campement. Car il y a encore JBO derrière mais là, à presque 2H du matin ... Voilà, le Wacken c'est fini.

A Fine Day To Exit (dimanche 08 Août A.M.)

Bah le lendemain, dodo normal, une nuit pas super agitée, et plutôt bonne. Le camp des frenchies se lève doucement, et c'est vers 9H30-10H que nous levons le camp. Une longue route nous attend, rythmée par un joyeux balladeur mp3 et des cassettes afin de rester encore un peu dans le rêve. A nous les autoroutes allemandes, les pauses pipi interminables et les souvenirs ... Et à l'année prochaine pour une édition 2005 qui va encore tout déchirer !! WACKEN RULES !



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